mercredi 21 octobre 2015

Quelques questions à François-Xavier Burdeyron – (épisode 1).



Quelques questions à François-Xavier Burdeyron – (épisode 1).

J'ai rencontré François-Xavier Burdeyron en 2012 dans la librairie où j'exerce. Nous avons discuté bande dessinée, et j'ai été très vite fasciné par sa connaissance historique (quasi encyclopédique) de celle-ci. Quelques temps après il vint me voir un cadeau à la main: un exemplaire dédicacé par lui même de son ouvrage paru en 1988 aux éditions Bédésup : L'âge d'or du journal Spirou. Dans ce dernier, je découvrais des entretiens effectués par François-Xavier Burdeyron auprès d'illustres auteurs du magazine : Deliege, Follet, Mitacq, Peyo, Pironton, Remacle, Roba, Sirius et Will. Au dos de l'ouvrage, sur une succincte biographie, était révélé que François Xavier-Burdeyron avait également participé à quelques revues aux noms «mythiques» pour tout passionné d'histoire de la bande dessinée : Alfred, Hop, PLGPPUR... Nos discussions se révélant de plus en plus passionnantes et complices, l'idée me vint de proposer à François-Xavier Burdeyron de se prêter lui-même à ce jeu de l'entretien afin non seulement de se plonger dans une part de l'histoire de la bande dessinée, mais également de découvrir le parcours de ce personnage estimable. C'est le premier épisode de cet entretien que nous vous proposons aujourd'hui.





1° Peux-tu me dire à quand remontent tes plus lointains souvenirs de lecteur de bande dessinée et quels étaient les titres qui, enfant, t'ont particulièrement enthousiasmé ?

Il me semble que mes premiers souvenirs de lecteur de BD remontent à mes sept ans. Les deux premiers albums devaient être La tête de pipe, un Chick Bill de Tibet et Oscar et ses mystères un Tif et Tondu de Dineur et Will. Je lisais aussi des hebdomadaires, nombreux à l'époque: Spirou (en volumes reliés), Tintin, L'Intrépide puis Coeurs Vaillants, Pilote dès le numéro 1 en octobre 1959, épisodiquement puis régulièrement Vaillant et sa continuation Pif Gadget. Egalement nombre de petits formats essentiellement édités par Del Duca (Bambino, Dicky le Fantastic, Joe Texas, Aventures Boum…) et Impéria (X13, Battler Britton, Buck John, Hopalong Cassidy, super Boy…) et aussi Pépito publié par Sagédition.

2° Quelles furent tes premières rédactions d'articles consacrés à la bande dessinée et dans quelle publication?

Mon premier article était consacré à Bernard Prince de Greg et Hermann. C'était en 1970 dans les colonnes du fanzine Alfred, bulletin associé à la revue d'études sur la bande dessinée Phenix. Tous deux sous la houlette de Claude Moliterni, écrivain et scénariste de BD. Un des futurs fondateurs du festival d'Angoulême. Alfred, le titre se voulait un hommage au pingouin (en fait un manchot) de Zig et Puce, série BD due au génial Alain Saint-Ogan. Pendant longtemps le festival d'Angoulême décernant des «Alfred» aux auteurs récompensés.















3° Au sommaire du numéro 7 du Fanzine Alfred, dans lequel tu publieras ton premier article intitulé D'Interpol à l'aventure maritime: Bernard Prince , on trouve outre la signature de Claude Moliterni, celle de Françis Groux. Tous deux deviendront par la suite cofondateurs (avec Jean Mardikian) du Festival International de la bande dessinée d'Angoulême dès 1973. Peux-tu nous dire dans quelles conditions tu as été amené à rejoindre l'équipe d'Alfred et comment s'organisait cette collaboration? 
 

Je ne sais pas s'il y avait une équipe d'Alfred. Tout simplement, j'étais abonné à Phénix et à Alfred son fanzine de «petit frère». J'ai envoyé un article et il a été retenu.
Le festival d'Angoulême a eu sa première édition en 1974 et non en 1973. Auparavant il y a eu un petit festival, annonçant en quelque sorte l'autre, auquel il faut ajouter Pierre Pascal dans les fondateurs.
Je n'ai rencontré que brièvement, au cours d'une discussion, Claude Moliterni dans les années 80 à Angoulême.

4° La publication de Phénix a démarré en 1966, tandis que la revue  Les cahiers de la bande dessinée sera fondée en 1971 par Jacques Glénat. Il me semble que cette réflexion sur la bande dessinée à laquelle tu as participé était un fait nouveau en France. Aviez-vous la sensation de participer à faire rentrer la bande dessinée dans un âge plus adulte (en tout cas sur le regard que l'on posait sur elle: toi même dans ton article tu parles de "technique de découpage" )? Y avait-il entre 1966 et 1970 (date de ton premier article) d'autres revues qui ont contribué à cette évolution de la bande dessinée?

Adulte ou pas adulte? Pour moi la BD est un art populaire s'adressant à toutes les tranches d'âge. En fait la BD «adulte» a toujours existé. Je regrette que certains «auteurs» veuillent en faire un «art» élitiste et souvent nombriliste.
La première revue en France, vouée à l'étude de ce que l'on appellera plus tard «9° art» (copyright Morris dans sa rubrique publiée dans Spirou) était Giff-Wiff créée par le regretté Francis Lacassin. (Le giff-wiff est devenu Pilou Pilou dans la traduction française de Popeye).
Il y a une évolution de la BD mais je pense que «trop de BD tue la BD» (idem en littérature) et qu'actuellement il y a une régression bien souvent due aux «auteurs» que je fustige plus haut.

5° "Espérons que le tandem Greg-Hermann" nous offriront encore de nombreuses années durant les aventures tumultueuses de ce trio d'aventuriers" ...leur aventure commune sur ce titre se continuera jusqu'en 1978 et le très réussi "Le port des fous" . As-tu suivi la suite de la carrière d'Hermann, et quel regard portes-tu aujourd'hui sur l'ensemble de son oeuvre?

Je pense qu'Hermann ne se renouvelle plus. J'ai abandonné depuis longtemps ses Jeremiah. Par contre il réalise certains «one-shot» intéressants. Son retour sur Bernard Prince n'était pas convaincant, sans doute à cause du scénario faiblard de son fils. Prendre la suite de Greg n'est pas évident.
                                                                                                             (A suivre)

mardi 20 octobre 2015

Les cahiers japonais - Igort- éditions Futuropolis - 2015.


Les cahiers japonais - Igort - éditions Futuropolis - 2015
 

En 2010 paraissait Les cahiers Ukrainiens dans lesquels Igort s'essayait avec brio à la bande dessinée reportage. C'est à travers les témoignages d'Ukrainiens aujourd'hui que l'auteur nous racontait l'histoire de l'Ukraine au XXème siècle. Suivirent en 2012 les Cahiers Russes où la tentative de portrait d'Anna Poliktovskaïa, récemment assassinée, était l'occasion de dresser un portrait glaçant de la Russie du début du XXIème siècle, celle de Poutine. Avec cet admirable diptyque, Igort nous offrait une leçon admirable de bande dessinée reportage, sans jamais oublier de maintenir son graphisme à la hauteur de son propos.
Avec Les cahiers Japonais s'opère un changement de registre. Contrairement à "l'effet collection" suggéré par le titre, ce n'est pas le reportage qui est ici en jeu. Igort s'y révèle comme jamais à travers ce livre qui peut se lire comme une déclaration d'amour à un pays tant aimé : le Japon. C'est cet Empire des signes (selon le titre du livre de Roland Barthes paru en 1970) que nous allons découvrir tout au long des 180 pages qui composent cet ouvrage. Arrivé en 1991 au Japon afin de travailler pour la plus célèbre maison d'édition japonaise Kodansha, l'auteur va nous offrir un voyage graphique à travers le Japon contemporain et ancestral. Sorte de miscellanées, se permettant le luxe d'intégrer des éléments plus divers afin de nous les offrir sous un jour nouveau. Le livre ne cesse de surprendre par sa beauté, et par la richesse de ses référents. Y sont évoqués avec une même passion Hokusai, Mizuku, Tsuge, Tanizaki... le tout sans didactisme et avec un plaisir du jeu évident. On se perd dans ces Cahiers Japonais avec délice et on est ému par la simplicité du bonheur de raconter qui en émane. 

lundi 19 octobre 2015

Cassandra – Todd Robinson – éditions Gallmeister – 2015.


Cassandra – Todd Robinson – éditions Gallmeister – 2015. 



Boo et Junior sont un inséparable duo, videurs dans un club de Boston, mais ne rechignant pas à quelques travaux annexes pour peu qu'ils soient bien rémunérés. Le jackpot viendra lorsque le procureur de Boston, soucieux que l'affaire ne s'ébruite pas, les charge de retrouver sa fille. Ce qui ne devait être qu'une banale histoire de fugue va progressivement se transformer en une affaire bien plus épineuse qu'il n'y paraissait.

Le duo se révèle à la hauteur de personnages charismatiques tels que ceux inventés par Donald Westlake, alliant dans un même mouvement assurance, humour et parfois une totale inadéquation des moyens mis en œuvre afin d'arriver à leur fin. Pour eux, rien ne sera jamais simple.

La particularité principale du roman est que s'il se révèle extrêmement drôle, il n'hésite pas à vous glacer le sang en flirtant avec les eaux les plus nauséeuses, notamment à travers l'évocation de sordides snuff moovies. C'est en alternant ces différents registres que le texte vous emporte et vous dissuade de vivre une quelconque routine de lecture. Toujours inattendu, souvent brillant, Cassandra parvient à inventer sa propre musique dans un genre si souvent routinier. 

samedi 17 octobre 2015

Le Transperceneige / Terminus - Rochette / O. Bocquet - éditions Casterman - 2015.


Le Transperceneige / Terminus - Rochette / O. Bocquet - éditions Casterman - 2015.




Publié dès 1983 dans le mythique mensuel (A suivre), Le Transperceneige s'est vite révélé comme un classique de la bande dessinée, et un des plus grands titres existant dans le domaine de la science fiction. Cette oeuvre cohérente et aboutie, vit paraître deux suites, toujours sous le pinceau de Jean-Marc Rochette, mais dans lesquelles Benjamin Legrand succédait au regretté Jacques Lob.

Aujourd'hui, le Transperceneige nous revient avec un final, avec le bien nommé Terminus . Le scénario est cette fois assuré par Olivier Bocquet (d'après une idée de Jean-Marc Rochette) et le dessin assuré par Jean-Marc Rochette. Si nous abordons cet opus avec une légère appréhension, tant les suites de livres de références nous ont habitués à nous complaire dans la seule nostalgie, force est d'admettre que très vite, toute tentation passéiste s'efface devant la force de l'ouvrage. On en oublie Le Transperceneige , pour se laisser guider dans cette fiction apocalyptique. Le livre peut d'ailleurs se lire de façon totalement autonome. Terminus mêle avec brio son scénario et son graphisme. L'un semble se nourrir de l'autre et inversement. A la richesse de l'invention scénaristique, où la cohérence de chaque élément semble pensé, sans fioriture, répondent des inventions formelles constantes, avec le même souci d'efficacité minimaliste. On peut citer nombre de passage d'anthologie: le déchaînement de violence de la foule que Rochette parvient à nous faire ressentir par la gestuelle de son pinceau...tout en suggestion (on avait pas vue une folie retranscrite avec autant de force depuis les plus belles planches de La Nuit de Druillet), la découverte de Future Land et de sa population masquée donnant aux personnages de faux airs de Maus , les peintures effectués sur les parois des murs pour témoigner car "toutes les histoires sont importantes" ... Mais citer ces suites de scènes n'est pas rendre hommage à l'ouvrage, tant il se déverse d'un unique flot et nous éblouit jusqu'à sa page finale.

mardi 13 octobre 2015

Trashed - Derf Backderf - éditions ça et là - 2015.


Trashed - Derf Backderf - éditions ça et là - 2015.
On a découvert Derf Backderf avec Mon ami Dahmer , une des plus belles bande dessinée de l'année 2013, qui lui valut le Prix Révélation à Angoulême. En 2014, les éditions "ça et là" continuèrent la publication de son oeuvre avec Punk, Rock et Mobile homes , puis en 2015 paraît Trashed . Dans ce nouvel opus, Derf Backferf revient sur son année passée comme éboueur au début des années 80, à travers une fiction nous faisant découvrir les "dessous" de ce métier . L'éboueur est un personnage hautement romanesque à en croire l'impact que provoqua en nous Le seigneur des porcheries de Tristan Egolf, mais aussi celui fantasmé né dans La Rubrique à Brac tome 2 sous le pinceau de Gotlib, auquel on peut rattacher l' Ode vibrante à ce chevalier des temps modernes rendu par le groupe Pigalle dans la chanson L'éboueur . Derf Backderf ne nous livre pas un récit purement autobiographique. Dans la préface, il précise: "J'ai transposé l'histoire à notre époque et j'ai décidé d'en faire une fiction" .Pourtant, page après page, il suinte de cet ouvrage un fort sentiment de véracité tant chacun des personnages acquiert son autonomie. J.B., Mike, Bone ou Woody resteront longtemps encore dans nos imaginaires en tant que contre champs de l'Amérique d'aujourd'hui. Car si l'on rit sans retenue à la lecture de Trashed , on est également effaré par le spectacle permanent de ces détritus qui ne cessent de s'amonceler en dépit de toute pensée pour le bien commun. Le contenu d'une poubelle -que ce soit un sac, un conteneur ou une décharge sauvage- devient alors le symptôme de nos égoïsmes. Les héros qui composent l'équipe d'éboueurs -dont le mémorable et touchant Magee - deviennent les seuls témoins de notre abjection. Sous ses allures de comédie hilarante, Trashed est un récit foisonnant dont le graphisme -faussement naïf- et le sens du découpage ne cessent de provoquer notre admiration. 
 
 

jeudi 8 octobre 2015

Les équinoxes – Cyril Pedrosa- éditions Dupuis – 2015.

Les équinoxes - Cyril Pedrosa - éditions Dupuis - 2015.

 
4 ans après l’acclamé Portugal, Cyril Pedrosa nous revient avec Les équinoxes, bande dessinée imposante, dont la richesse ne se révèle qu’après plusieurs lectures. Ce qui séduit dès les premières pages, c’est la beauté visuelle de chacune des planches. Puis, on se laisse délicatement envoûter par les personnages qui emplissent chacun des récits: Louis, Camille, Vincent…Si toutes ces scènes paraissent dans un premier temps indépendantes, elles vont vite révéler leurs proximités et leurs échos intimes. Cyril Pedrosa dépeint avec virtuosité « l’inracontable », tous ces non-dits, toutes ces petites choses indescriptibles qui emplissent une vie. Au-delà du scénario et de la grâce du dessin, l’auteur puise dans la couleur le plus grand vecteur de notre émotion. La colorisation y est fluctuante, se mouvant au fil des saisons, et parvient comme rarement à tirer parti de forces inhérentes au médium bande dessinée. Les équinoxes ne peut se résumer ni à son histoire, ni à la beauté de ses dessins. Il se plaît à repousser les possibles, tout en ne négligeant jamais une émotion sincère de lecture. 


mercredi 7 octobre 2015

Les derniers jours du Condor - James Grady - éditions Rivages - 2015.


Les derniers jours du Condor - James Grady - éditions Rivages - 2015.
 

L'ancien agent de la CIA connu sous le nom de code de "Condor" vit sous la surveillance de son ancien employeur depuis que ce dernier estime qu'il n'est plus en mesure psychiatrique d'assumer ses fonctions. Suite à une visite à son domicile, l'un des deux agents chargé de son suivi est retrouvé sauvagement mutilé et crucifié. "Condor" a désormais pris la fuite.

On est très vite séduit par l'écriture du roman, qui parvient sans cesse à étendre dans la durée les instants les plus innocents. Une déambulation dans la rue, un trajet en métro, deviennent des espaces géométriques où chaque élément, même le plus anodin, peut se révéler une clé essentielle à la survie -ou à la mise à mal- du personnage. On pense souvent aux grands films policiers des années 70, ceux de Sydney Lumet, Alan J Pakula ou l'inoubliable Conversation secrète de Francis Ford Coppola. Tout comme eux, Les derniers jours du Condor fait de la paranoïa la matière même de son récit. L'origine du danger, devenue plus abstraite encore dans ce monde de l'après-11-Septembre, invite chacun des personnages à n'avoir que pour seule alternative la folie ou l'oubli.

"Éloigne-toi le plus possible d'Union Station et de ses trains, de ses rames de métro, de ses cars en partance pour New-York, de ses restaurants, de ses snacks, de ses rangées de fauteuils où les voyageurs peuvent se reposer et de ses caméras de surveillance qui pivotent en hauteur sur les murs de marbre pour capter ton image."

dimanche 4 octobre 2015

Les fugueurs de Glasgow - Peter May - éditions du Rouergue - 2015. (titre original: Runaway)


Les fugueurs de Glasgow - Peter May - éditions du Rouergue - 2015. (titre original: Runaway)

Pour cette rentrée littéraire , un nouveau Peter May, différent, très différent des ouvrages précédents. Comme toujours, fidélité au genre polar ou roman noir,comme toujours un simple prétexte, un cadre formel pour écrire autre chose, de bien plus important.Cette fois ci, l'auteur nous propose le roman le plus autobiographique de sa carrière, un double « road movie » le premier se passe en 1965 et voit quatre copains de 16 ans, originaires de Glasgow, qui font une fugue pour gagner Londres dans le but de faire le tour des maisons de production et enregistrer un disque : « Il y avait des radios pirates qui diffusaient du rock and roll . Quiconque ayant une étincelle de talent musical voulait s'emparer d'un instrument et jouer ». Là ils assisteront à l'enregistrement par Bob Dylan de la vidéo de Subterranean homesick blues  avec Allen Ginsberg et Bob Neuwirth derrière le célèbre hôtel Savoy Parallèlement, nous suivons la même équipe, 50 ans plus tard, fuguant à nouveau ,dans un état physique plus ou moins délabré :« Il savait en vérité,il n'avait plus besoin de sa canne. L'essentiel de ses forces était revenu et le pronostic établi suite à son infarctus était favorable.Le régime qu'il suivait avait fait baisser son cholestérol de manière significative, et d'après les médecins, sa promenade quotidienne lui ferait plus de bien qu'une heure de salle de sport. » Entre ces deux fugues, le lien est un assassinat en 2015,qui semble renvoyer à la virée des jeunes en 1965. le titre anglais, Runaway  est important , Peter May à même enregistré un CD portant ce titre , dont la principale chanson porte ce nom.

Cette fugue , Peter May l'a faite en 1965, elle a échoué lamentablement comme celle des héros de son histoire. Voir pour cela l'article du  Guardian  montrant May et un de ses copains de cavale avant et 50 ans après.( http://www.petermay.info/)

Comme l'explique l'auteur dans un entretien, ce n'est pas tellement le crime qui est l'objet de l'histoire mais la confrontation entre les rêves d'une vie et le résultat plus ou moins pitoyable à l'heure du bilan. Réflexion ne s'adressant pas uniquement aux individus, mais aussi à toute une génération. May réussit à décrire l'ambiance des années 60, avec ses utopies, sa fringale de changement : « Je suis né juste après la guerre, la génération du baby-boom. Et j'ai grandi à Glasgow dans les années 1950 et 1960, deux décennies qui, tandis que je passais de l'enfance à l'adolescence, ont viré sous mes yeux du sépia au psychédélique ».  A côté, l'époque contemporaine fait pâle figure : « Et qu'avons nous à perdre de toute façon ? Combien de temps te reste-il avant de finir dans un foyer comme Jack ? Ou dans une salle de réveil, ou avant que nous soyons tous morts bon sang ? »

Une histoire chargée de mélancolie et d'humour dont on se détache difficilement.