lundi 24 octobre 2016

Quelques questions à François-Xavier Burdeyron (épisode 2).


Quelques questions à François-Xavier Burdeyron – (épisode 2).
(pour lire l'épisode 1)




6° En mars 1988, tu publie l'ouvrage intitulé L'Age d'or du journal Spirou aux éditions BEDESUP. Les entretiens utilisés y sont tous datés de 1985, soit 3 ans avant la parution du livre. Ce dernier était-il déjà en "projet" au moment des entretiens? Quelle était, en 1985 la finalité de ta démarche? Comment ce livre édité par BEDESUP a-t-il vu finalement le jour?

- Quand j'ai réalisé les entretiens c'était dans le but de les publier dans un volume et le titre était choisi au même moment. L'âge d'or du journal Spirou, je n'a pas pensé à un autre.
Je voulais simplement rencontrer des dessinateurs que j'ai toujours appréciés. Je n'ai pas trouvé d'éditeur tout de suite. J'en ai parlé à Jean-Claude Faur, je crois lors d'une édition du festival BD de Chambéry. Mon projet finalisé lui a plu. L'ouvrage est donc paru chez BEDESUP.



7° Tu dédies ton ouvrage à Jijé et Hubinon, décédés quelques années plus tôt. peux-tu nous expliquer le choix de ces deux auteurs? As-tu eu l'occasion de les rencontrer durant ton parcours?

- J'aurai pu choisir d'autres grands noms. Le choix est vaste chez Dupuis. Mais Jijé et Hubinon sont représentatifs de la BD réaliste classique et j'ai toujours apprécié, notamment Jerry Spring et Buck Danny. Si j'avais publié L'âge d'or du journal Tintin j'aurais dédié celui-ci à Tibet sans doute.

8° Le livre est composé de 9 entretiens distincts dont 5 réalisés de "visu" (Deliège, Mitacq, Piroton, Roba, Will) et 4 par correspondance (Follet, Peyo, Remacle, Sirius). Comment se sont déroulées les prises de contact avec ces auteurs? As-tu essuyé des refus?

- Aucune difficulté à les rencontrer et je n'ai essuyé aucun refus. J'ai contacté ces neuf personnalités via l'attaché (ou attachée?) de presse des éditions Dupuis.

9° Les entretiens épistolaires ont-ils été réalisés d'un seul tenant ou sont-ils le fruit de nombreux échanges? As-tu conservé des "traces" de ces précieux documents?

- Je n'ai pas conservé de traces des lettres envoyées par les auteurs contactés par courrier. Les entretiens ont été réalisés en une seule "prise".

10° Je suis surpris par la modestie qui se dégage de nombre des auteurs interrogés. Surpris aussi que Peyo au sommet de sa gloire accepte ta proposition. L'entretien avec Peyo a-t-il été plus compliqué à obtenir que les autres?

- La modestie est une qualité partagée par tous ces dessinateurs. Peyo m'a répondu aussi rapidement et amicalement que les autres. En ce qui les concerne le talent va de pair avec la modestie. Aucun ne se prenait au sérieux.
11° Le titre du livre semble correspondre à son contenu tous ont conscience d'avoir partagé un "âge d'or" dans lequel il y avait des maîtres admirés (en résumé: Jijé puis Franquin). Piroton est émouvant lorsqu'il dit:"J'ai besoin de me changer les idées parce que je deviens trop nostalgique de certaines choses. Je viens de lire un reportage sur Gillain dans Spirou et quand on parle des bandes dessinées de ses débuts, j'ai vraiment la nostalgie de tout ça. Ca me touche, ça m'émeut." As-tu ressenti joie ou réticence de la part de ces auteurs dans le fait d'évoquer leur passé (sachant qu'en 1988 une partie du catalogue "historique" Dupuis commençait à être sérieusement mis de côté)?
- Tous se sont livrés avec facilité. Aucune réticence. Tous ces auteurs se connaissaient entre eux. Une sorte de fraternité. Sentiment me semble-t-il quelque peu absent chez les jeunes auteurs actuels. A leur époque les illustrés étaient nombreux et permettaient ainsi les rencontres créant de réelles amitiés. Le "règne" de l'album a tué ce lien. Tu parles de 1988 mais les entretiens datent de 1985 et cette année là, tout comme en 1988, le catalogue "historique" était toujours fourni. Chacun des interviewés était bien représenté dans les librairies.

12° Tes rencontres de "visu" se sont faites entre le 17 Septembre et le 18 Septembre pour 5 auteurs: un véritable marathon! Pourquoi ce délai si serré entre les différents protagonistes? Connaissais-tu ces auteurs auparavant? Les entretiens ont-il été réalisés chez les auteurs? Peux tu nous raconter des détails, des souvenirs des anecdotes, concernant les divers protagonistes des ces rencontres?

- J'en ai même profité pour interviewer, entre deux auteurs SPIROU, Yves Swolfs (entretien publié dans un numéro de BEDESUP).








Il n'était pas difficile de réaliser plusieurs interviews dans la même journée. La Belgique est un petit pays et j'avais noté à l'avance la plupart des questions, hormis celles me venant à l'esprit après une réponse obtenue et entraînant une nouvelle interrogation.
Je ne connaissais ces auteurs que de nom. Will, après l'entretien m'a retenu à dîner en compagnie de son épouse, et de ses deux fils. Eric Maltaite dessinateur de BD également (421...) et son autre fils dont j'ai oublié le prénom, libraire spécialisé BD à Bruxelles.


13° La documentation qui illustre l'ouvrage est riche (mini-récits, suppléments, dédicaces...) mais de faible qualité d'impression. Ces illustrations étaient-elles fournis par tes soins ou par les éditions Dupuis? Le nom d'un certain Jean-Pierre Verheyhgen est indiqué également dans les crédits: en quoi a consisté son rôle?


- J.C. Faur s'est hélas servi de photocopies. A ma connaissance il n'a pas démarché Dupuis pour obtenir les films des planches et autres illustrations. Pomme de Roba n'était pas publié par Dupuis, ainsi que Pierrot et la lampe de Peyo. Pomme était paru dans RECORD, mensuel succédant à l'hebdomadaire BAYARD. Pierrot était isuu d'un numéro de BONUX BOX, pocket que l'on pouvait trouver dans les paquets de lessive.
Les crédits mentionnent que les illustrations proviennent de ma collection. Ce n'est pas exact. J'ai simplement indiqué les numéros de SPIROU d'où elles étaient issues. J.C. Faur a pu les retrouver facilement.
Jean-Pierre Verheyhgen? Je dois t'avouer n'avoir jamais lu la page "crédits". Il a fallu que tu la décortiques pour que j'apprenne ce nom qui ne me dit absolument rien. Une connaissance de Mitacq peut-être? Tous deux étant de Waterloo. Qu'a-t-il fait? Difficile de savoir, Faur est décédé en 1997.



14° La couverture du livre a été réalisé par Walthery. Comment s'est faite cette rencontre? As-tu eu des retours des auteurs suite à la publication du livre?




- Je n'ai jamais rencontré Walthery. C'est l'éditeur qui lui a demandé cette illustration. Peut-être bénévole? Un auteur m'a écrit pour me soutenir suite à la critique désastreuse parue dans...SPIROU. Je crois que c'était Will. Ou peut-être Sirius.

15° Le livre est épuisé depuis longtemps, or il s'agit aujourd'hui d'un véritable document patrimonial ne serait-ce que par la rareté des propos rapportés. Il est, par exemple, très compliqué, voire impossible, de trouver un long entretien de Sirius en dehors de cet ouvrage. As-tu déjà été contacté par des chercheurs ou des passionnés désireux de se procurer L'Age d'or du journal Spirou? Des éditeurs t'ont-ils contacté afin d'utiliser ces entretiens comme compléments à des rééditions actuelles de qualité (je pense aux éditions Le coffre à BD par exemple...)?

- Il y a trois ou quatre ans un bibliothécaire belge spécialisé en BD m'a commandé un exemplaire de L'Age d'or . C'est le dernier que j'ai vendu. Je ne sais pas si il est toujours disponible, mais mon ami Louis Cance a utilisé mon entretien avec Mitacq pour un dossier consacré à celui-ci dans un numéro de HOP! Autrement aucun éditeur ne m'a contacté. Mais actuellement je songe à une éventuelle réédition, améliorée (planches reproduites en couleurs) mais je n'ai à ce jour pas encore entrepris de démarche auprès d'un éditeur éventuel.

16° Tu voulais créer ton propre fanzine intitulé Saga dont la couverture restée inédite était réalisée par Jacques Terpant. Etais-tu le seul intervenant de ce nouveau projet? Quelle était la ligne éditoriale envisagée? Pourquoi le projet n'a-t-il pas été mené à terme?







- Je pense que ce projet remonte à1985. Tu peux éventuellement retrouver avec précision l'année sur internet grâce à l'album de Doug Headline et Jacques Terpant New York Inferno . Sa parution coïncide avec la non-parution de SAGA n°1 dont la couverture était consacrée à ce volume. Ce projet n'était pas assez abouti. J'avais quelques illustrations prévus pour les en-têtes de rubriques (INTERVIEW, REPORTAGE...) réalisées par Cocker, un ancien de ROCK & BD,

 ainsi qu'une autre due à Terpant concernant une rubrique "critiques d'albums" que j'aurai tenue.




Je pensais aussi contacter des collaborateurs, peut-être occasionnels tels Louis Cance, Numa Sadoul...Mais ça ne s'est pas fait. Mon but était de réaliser un fanzine un peu "luxueux" - comme PLG PPUR (Plein La Gueule Pour Pas Un Rond) sans le côté élitiste et branché de celui-ci. Je précise avoir collaboré à ce dernier.
Et puis, à l'époque il y avait tellement de fanzines. Un de plus, un de trop? 


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