mardi 31 janvier 2012

Petite liste autour du Western et de la BD.


Western et BD




Liste hautement subjective de mes westerns en BD préférés...écrite comme elle vient...

Jonathan Cartland :
de Blanc-Dumont et Harlé.

le diptyque : La Rivière du vent (1979) et Les doigts du chaos (1982).

Buddy Longway :
de Dérib.

La Vengeance (1982) et L'Orignal (1978)



Mac Coy :
de Gourmelen et Palacios.

Wanted MacCoy (1977) et Little Big Horn (1980)

Blueberry :
de Charlier et Giraud.

le diptyque : La mine d'or de l'allemande perdu (1972) et Le spectre aux balles d'or (1972)

Bouncer :
de Boucq et Jodorowsky.

Le diptyque : La veuve noire (2008) et Coeur double (2009)




Comanche :
de Hermann et Greg.

Le désert sans lumière (1976) et Le corps d'Algernon Brown (1983).

Jerry Spring :
de Jijé.

Lune d'argent (1956) et La passe des indiens (1957).

Celui qui est né deux fois :
de Dérib.

Trilogie : Pluie d'orage (1983), La danse du soleil (1984) et L'arbre de vie (1985).

Jesuit Joe (1980).
de Hugo Pratt.


Hiram Lowatt et Placido.
de Blain et David B.

Les ogres (2000).

Terre de Feu :
de Micol et David B.

Diptyque : L'archer rouge (2008) et les Noctambules (2009).


Spirou et Fantasio :
de Franquin.

Les chapeaux noirs (1950).

Lucky Luke :
de Morris et Goscinny.

Les rivaux de Painful Gulch (1961).
Le 20e de cavalerie (1965).

Tuniques bleues :
de Lambil et Cauvin.

Les déserteurs (1974).
Rumberley (1979).

Jim Cutlass :
de Giraud et Charlier.

Mississipi River (1978).




Moustache et Trotinette :
de Calvo.

Au far west (1953...).

Les derniers jours d'Ellis Cutting (2010).
de Vieille.

Rancho Bravo (1998).
de Blutch.

Billy James (1963).
de Hugo Pratt.

Les aventures complètes d'Oumpah-Pah (1958 / 1960).
de Goscinny et Uderzo.


La saison des flèches (2009).
de Trouillard et Stento.

Made in U.S. (1995).
de Baudoin.

Big Foot.
De Nicolas Dumontheuil.

Le triptyque : Magic Child (2007), Holly Dolly (2007) et Créatures (2008).

mardi 17 janvier 2012

Fantax, tome 1, numéros 1 à 8, 1946-1947 – Chott – Editions Connaître Chott ou pourquoi Fantax doit être Prix du Patrimoine 2012 à Angoulême.



Fantax, tome 1, numéros 1 à 8, 1946-1947 – Chott – Editions Connaître Chott.

En 1989, j'avais 12 ans, mon père m'offrit un livre de poche intitulé 93 ans de BD, écrit par Georges Sadoul. Ce livre m'a permis d'apprendre plein d'informations sur l'histoire de la BD depuis ses origines. C'est ainsi que j'appris l'existence d'un justicier masqué français sévissant sous le nom de Fantax, dès 1946. Georges Sadoul indiquait que cette série eut un succès considérable « les ventes dépassaient les cent mille exemplaires au numéro ». Puis, Sadoul continue en émettant une critique concernant le travail de l'auteur même : «  (…) nombre de dessins étaient directement décalqués sur les bandes américaines. Il s'agit bien de calques, non d'imitations ; ainsi au détour des pages, on reconnaissait un dessin d'X9 par Austin Briggs, ou de Tarzan par Hogarth ! » Pour finalement conclure, et atténuer sa critique, par un : « Soyons sincère, j'ai pris plaisir à lire Fantax. »

Voilà ce que je connaissais de cette bande dessinée -ce à quoi il faut rajouter les deux visuels accompagnant l'article de Sadoul- jusqu'à il y a peu.

Et puis, enfin, arrive cette réédition des premières aventures de Fantax. Autant le dire tout de suite : si je suis capable de voir l'influence de Hogarth dans le travail de Chott, je ne connais pas suffisamment son travail pour juger s'il s'agit véritablement de copie. C'est donc -peut-être- avec un oeil plus indulgent que je lis cet album.

La question réelle que l'on peut se poser aujourd'hui est la suivante : y a-t-il un intérêt à rééditer en 2012 les aventures du justicier masqué ?

Parlons d'abord de l'objet que l'on tient entre les mains, cet épais volume alternant pages en noir et pages en bleu avec sa tranche cousue, incluant les couvertures d'époque, les « publicités » de fin de volume, ainsi qu'une préface de Jean-François Mattéi et une postface de Danièle Mouchot (sa fille). Pour dire vrai, je n'avais pas connu de telle émotion BD-bibliophilique depuis la célèbre collection Bande-Jaune chez Futuropolis. Plonger dans ce premier volume de Fantax, c'est également s'immerger dans l'histoire de la bande dessinée . Si la préface évoque l'aspect madeleine de cet ouvrage, la postface se révèle vite passionnante, et touchante lorsque l'on découvre qu'elle est écrite par la fille de Pierre Mouchot, alias CHOTT. On y découvre un Pierre Mouchot réalisant des tampons au linoléum afin de produire de faux papiers pendant la guerre, mais également un résistant et homme d'action. La postface s'arrête à sa démobilisation le 16 Novembre 1945. Si ses années d'auteur de BD et son combat contre la censure n'y sont pas encore abordés, on y découvre déjà un Pierre Mouchot attiré par le dessin. Tous ces documents (textes, photos...) proposés dans l'album permettent de reconstituer une époque et un personnage.

Cette édition a la grande intelligence de comprendre que pour apprécier Fantax aujourd'hui, il faut nous le représenter dans son contexte.
Lire Fantax aujourd'hui, c'est non seulement percevoir l'influence de la BD américaine sur certains français, mais également se plonger dans une part de notre histoire.

Pour autant, il ne faut pas oublier le contenu de cet album. C'est armé de ces informations -on peut même lire la postface avant la BD proprement dite- que nous plongeons dans les aventures de Fantax.

Chaque fascicule s'ouvre par le fac-similé de la couverture originale. Ces couvertures sont magnifiques. On y voit les moments phares de l'aventure à venir fondus au sein d'un même espace. L'invitation à la lecture y est totale. Ces couvertures sont à mon sens de véritables petits bijoux.

Puis arrivent les histoires proprement dites. Le contexte historique y est daté : Fantax alias Lord Neighbour combat les « méchants » nazis, japonais ou autres ennemis.
Ce qui surprend très vite, c'est l'attrait de Chott pour le mouvement. Son personnage ne cesse de bondir, de passer par les fenêtres... Même dans les cases dites calmes -et elles sont rares- son corps est sans cesse en mouvement. De même, s'il ne possède pas de Batmobile, c'est l'ensemble de ce qui peut lui apporter de la vitesse qu'il utilise (voitures, camions, motos, avions, chevaux...). Fantax est mouvement... et Chott (une fois de plus, je ne sais pas s'il y a copie) est imbattable pour trouver des pauses et des inventions dans ses compositions qui amènent à mettre en valeur cette gestuelle. Chaque case -ce qui finalement n'est pas si fréquent- semble amener l'autre dans un mouvement incessant.
Il y a ici un véritable talent dans la conception globale de chaque planche. Pour répondre à Sadoul, la bande dessinée n'est pas uniquement le dessin mais elle est surtout l'art d'enchainer les cases et les ellipses. D'où, malgré sa réserve, le fait qu'il ait pris « plaisir à lire FANTAX ».

Si cet attrait pour le mouvement est évident, je veux juste par une petite parenthèse évoquer un des autres éléments preuve du talent de Chott : la représentation des visages. Le personnage de Fantax parvient ainsi à concilier force et noblesse ce qui amène un peu de profondeur à cette course effrénée.




vendredi 13 janvier 2012

Soil de Kaneko Atsushi, éditions Ankama. Ou pourquoi je pense que Soil mérite le Prix du polar à Angoulême 2012.






Soil de Kaneko Atsushi, éditions Ankama.
Ou pourquoi je pense que Soil mérite le Prix du polar à Angoulême en 2012.

Précisons d'abord que j'hésite entre Soil et O dingos, ô châteaux de Jacques Tardi, éditions Futuropolis. Non seulement Jacques Tardi est pour moi le plus grand auteur en activité -sur l'ensemble de sa carrière, et j'y reviendrai- mais en plus son dernier opus fait partie des sommets de son oeuvre. Mais Jacques Tardi a déjà obtenu le grand prix d'Angoulême en 1985. 27 ans après ce prix, Tardi continue à mériter des prix du meilleur album ou du meilleur polar... fait qui n'est pas si fréquent.

Cependant un prix doit aussi servir à mettre en avant un auteur ou une oeuvre qui surprend et apparaît dans la multitude des sorties comme un nouvel élan ou un ovni sans succession possible. SOIL de Atsushi Kaneko est ce genre d'oeuvre, inclassable et motivante.

L'histoire est extrêmement difficile à résumer -comme beaucoup de mangas cependant- tant elle emprunte une construction labyrinthique : ouvertures, fausses pistes, retours en arrière, découvertes, issues... sont le vocabulaire de Soil.

Soil, en anglais le sol, c'est le nom d'une ville nouvelle du Japon, ville sans passé donc, qui s'est construite sur une terre qui, elle, possède son histoire. L'auteur précise dans la postface «  Une ville nouvelle est une ville-dortoir artificiellement construite dans le but de créer de nouveaux centres et d'éviter la surpopulation des centre-villes ».

Le point de départ, c'est l'arrivée dans cette ville de deux policiers ( Yokoi et Onoda ) chargés d'enquêter sur la disparition d'une famille en son entier. Dans la chambre de la fille disparue apparaît une sorte de monolithe de sel, seul témoignage de l'étrangeté de ce qui s'est produit ici.

Dans un premier temps, l'ambiance fait un peu penser à la ville dortoir de Edward aux mains d'argent de Tim Burton : chaque habitant tient à donner une image de la ville parfaite, aidé en cela par un délégué qui veille à la bonne marche de l'ensemble (par exemple, veiller à ce que les fleurs ne soient jamais fanées aux devantures des maisons). Très vite, on comprend que toute cette perfection n'est qu'illusoire : trop de sourires, trop de photos figées, trop de phrases non spontanées.

Ce que les deux policiers comprennent très vite, c'est que les habitants de Soil cachent un lourd secret dont la disparition de la famille en est la clé. A la périphérie de la ville, on découvre que la ville possède ses rejets. En effet, la ville est cernée de terrains vagues et de bâtiments non achevés -tel un hôpital- marque de l' éclatement de la bulle financière qui a stoppé net Soil dans son évolution. Or, on comprend très vite que cette non perfection « rejetée » à l'extérieur de la ville peut également expliquer la disparition de cette famille.

Cette fissure dans l'idéalisme affiché de Soil et de ses habitants va progressivement se répandre, et amener la ville à se dérégler et à afficher ses imperfections.

Autant le dire tout de suite, et sans révéler les événements, Atsushi Kaneko va très loin dans les secrets enfouis, et la lecture de cette série est autant fascinante qu'éprouvante parfois.

Une des clés de la série nous est donnée dès le début lorsque les deux policiers discutent :
« (Yokoi) : - On n'est pas obligés de tout expliquer non plus ! Nous, si on arrête le criminel, on a fait notre travail, non?!!!Le reste ça sort de notre juridiction !
(Onoda) : - Oui, mais... en tant que policier... une affaire n'est close que lorsqu'on a tout compris... »

Ainsi, le pragmatisme de la jeune Onoda va être mis à rude épreuve tout au long de ce récit qui va progressivement glisser vers un fantastique à la David Lynch, sans jamais couper la possibilité d'un traumatisme réel créé par la ville de Soil.

Le récit est accompagné par le graphisme époustouflant de Kaneko. Il parvient à la fois à rendre palpable l'effroi de certaines scènes tout en procédant à un découpage et un graphisme d'une précision telle qu'ils semblent correspondre au quadrillage de l'architecture de la ville même.

C'est cette perfection des personnages, du récit et du dessin que l'auteur s'amuse à pervertir en y incorporant de l'intrusif et du parasitage.

jeudi 12 janvier 2012

Les faux visages – David B. et Tanquerelle – éditions Futuropolis – Janvier 2012. Ou pourquoi David B. doit être grand prix d'Angoulême en 2012.


Les faux visages – David B. et Tanquerelle – éditions Futuropolis – Janvier 2012.
Ou pourquoi David B. doit être grand prix d'Angoulême en 2012.


D'abord un peu craintif, j'ai finalement fini par acheter Les Faux Visages. Pourquoi être craintif alors que cet album est le fruit de deux auteurs que j'apprécie particulièrement ?

Tanquerelle a réalisé le magnifique La communauté, ce genre d'album qui peut influer sur vos choix de vie, rien que ça. On lui doit également les très réussies relectures de Jorn Riel. Quant à David B., il a inventé un univers graphique dont la force et la cohérence me fascine album après album. De plus, loin d'être l'homme d'un coup d'éclat -L'Ascension du Haut-Mal- il s'est révélé au fil des années un des plus grands scénaristes actuels. Ainsi, et cela n' est pour moi pas assez dit, il a su inventer parmi les plus beaux scénarios de la BD de ces 15 dernières années. On peut citer Les Ogres avec Blain, Le Capitaine écarlate avec Guibert ou le plus récent Terre de feu avec Micol.

Alors d'où vient cette méfiance ? J'ai eu peur que ces deux auteurs se laissent aller à suivre une mode de films sur la vie des grands truands français, particulièrement issus des années 70 ( Carlos, Mesrine...) accompagnée d'une certaine forme d'héroïsation. Même si je reconnais que Carlos de Assayas est un très beau film. Mais, j'avais peur surtout de perdre dans ce récit ce qui fait la spécificité de David B. : une noirceur, une mythologie propre faite de mythes, de légendes, et de références littéraires à Mac Orlan, Marcel Schwob, et autres romanciers plus ou moins connus. Ce mélange subtil qui fait que lorsqu'on lit un scénario de David B., on ne sait plus s'il s'inspire d'histoires réelles ou de littérature qu'il a fait sienne et rendu avérée.

Le début de la lecture ne me rassure pas. Je vois ces trognes de gangsters avec moustaches et rouflaquettes, et je ne peux m'empêcher de penser à Vincent Cassel grimé dans Mesrine. Non pas que le film soit mauvais, mais je suis loin de l'univers du grand David B.

Très vite, une touche d'humour bienvenue me rend l'album sympathique : une course poursuite entre preneur d'otages et la police
qui tourne au désavantage de la police. Le trait de Tanquerelle vient ici renforcer l'absurde de la situation.

Un peu plus tard, un des membres du groupe de malfrats a une idée : « -Vous connaissez Marcel Schowb? (...) il a beaucoup écrit sur les bandits. Dans une de ses nouvelles, il parle d'une bande du Moyen-Age : des chevaliers brigands pendant la guerre de 100 ans (…) Cette bande s'appelait « Les Faux Visages ». Ils portaient des masques peints comme des visages pour se cacher. » Et là, on retrouve David B., on quitte une forme de réalisme pour rejoindre le romanesque. On se surprend alors à relire le sous-titre de l'album « Une vie imaginaire du Gang des Postiches ». Ce terme IMAGINAIRE fait toute la différence. Ce que travaille David B. ici, c'est la confrontation d'une sorte de brutalité de la reconstitution des événements à une vision romanesque de l'événement.

La grande idée est de prendre des truands qui, même s'ils ont existé, n'ont ni revendication, ni implication politique. On ne se demande finalement que très peu si les faits sont exacts. On est juste happé par ces truands déguisés en personnages de Tintin afin d'effectuer un casse, par ce personnage qui parvient à s'enfuir et qui semble comme avalé par le quartier, par la plongée dans la paranoïa d'un autre ou par ce policier qui cite Gérard de Nerval... Autant d'éléments qui tissent une trame infiniment romanesque.

On est très loin des films récents sur les truands français. Les personnages eux-mêmes semblent se rendre compte de ce décalage lorsqu'ils discutent de l'écart entre eux et d'autres braqueurs : « Tu veux attaquer des fourgons au lance-roquette et à la Kalachnikov ? Tu veux dire que notre belle époque est en train de finir et qu'il faut songer à la retraite ?».

Face au réalisme, David B. prend le parti du romanesque et il est en cela magistralement aidé par le travail de Tanquerelle qui parvient à rendre la brutalité et le réalisme des scènes d'action -la dernière fusillade est à ce titre magistrale- tout en appuyant les scènes d'humour. Il parvient, ce qui est un tour de force, à trouver le juste degré entre réalisme et héros de papier.

mardi 3 janvier 2012

Maus – Art Spiegelman – éditions Flammarion.


Maus – Art Spiegelman – éditions Flammarion.

Pourquoi écrire sur Maus. Sans doute une des bandes dessinées les plus médiatisées de ces 25 dernières années : LA bd qui a eu le prix Pulitzer en 1992.

Sur le dos du tome 1 l'éditeur écrit : « Oubliez vos préjugés : ces souris-là ont plus à voir avec Kafka ou Orwell qu'avec Tom et Jerry. Ceci est de la vraie littérature. »

Art Spiegelman parvient à travers les deux volumes de Maus à nous faire ressentir avec une force, préservée à chaque lecture, l'horreur de la Shoah. Il use pour cela de tous les moyens que le médium bande dessinée lui offre : intégration de croquis, de plans, de schémas ... afin de nous dresser le portrait le plus complet de cet effroyable épisode de l'histoire. A travers le destin de ces souris persécutées, nous sommes émus et effrayés par l'horreur de l'inexorable cheminement.

Pour autant, l'erreur serait de limiter Maus à la Shoah. La force des albums réside également dans la capacité que possède Art Spiegelman à nous montrer toute la complexité du personnage de son père.

Ce dernier, de par son histoire, ne peut qu'attirer notre « compassion ». Celle-ci est amplifiée par les larmes versées sur Anja, sa femme disparue, mais également par les hurlements qu'il pousse durant les nuits, sans doute hanté par les souvenirs des disparus et par l'horreur de ce à quoi il a survécu. Oui, le personnage nous touche.

Pour autant, le portrait du père nous montre également un homme débrouillard et intelligent mais pingre, raciste et peu ouvert aux autres. Spiegelman ne cesse durant le récit de se demander si la Shoah a rendu son père tel qu'il le connait. Le tome 1 se conclut par un bouleversant « assassin » jeté par Spiegelman à son père.

Le titre du tome 1 est « Mon père saigne l'histoire » est à ce titre d'une violence extraordinaire.

La force de la BD, en plus de son sujet, vient de la façon dont Spiegelman travaille ses planches comme un matériau vivant. Il y mêle au sein d'une même page différentes narrations, passant du récit de son père aux scènes contemporaines. Il y a quelque chose d'organique dans ce montage, qui contraste avec le long travail de préparation auquel s'est attelé l'auteur.

Dans le tome 2, Art Spiegelman s'interroge : « Il y a tant de choses que je n'arriverai jamais à comprendre ou à visualiser . J'veux dire la réalité est bien trop complexe pour une BD... il faut tellement simplifier ou déformer ».

C'est par le tramage du récit que Spiegelman parvient à rendre sensible la complexité des individus, de son propos et de l'histoire.

Non, ceci n'est pas de la littérature. Ceci est une immense bande dessinée.

Mon palmarès pour Angoulême 2012 :



Mon palmarès pour Angoulême 2012 :

Prix du patrimoine : Fantax tome 1, 1946/47 de Chott et Navarro, éditions Chott.

Prix jeunesse : Paul au Parc de Michel Rabagliati, éditions La Pastèque.

Prix polar : Soil de Kaneko Atsushi, éditions Ankama.

Prix album de l'année : Alec de Eddie Campbell, éditions Ca et Là / Une vie dans les marges de Yoshihiro Tatsumi, éditions Cornélius.

Grand prix : David B.