lundi 19 juin 2017

Aquaviva tome 2 - Guillaume Trouillard - éditions de la Cerise - 2017



Aquaviva tome 2 - Guillaume Trouillard - éditions de la Cerise - 2017

Dans une ville ravagée, un homme déambule avec comme seul objectif celui de subsister. Une énième improvisation sur un thème classique qui parvient à nous éblouir par son innovation graphique constante. 


Réfugié au sommet d’un immense pylône électrique, un jeune homme blond, vêtu d’un simple maillot de bain sur lequel est inscrit « Aquaviva », tente d’échapper à ce qui s’apparente à une hyène à l’affut de la moindre nourriture à dévorer. Surplombant un monde détruit et entièrement composé de ruines et de fragments d’objets, il est le témoin d’une civilisation effondrée. Désireux de reprendre son exploration, il rencontrera au cours de son errance, outre les meutes d’animaux affamés, des hommes meurtris, d’autres formant des hordes qui succombent à une inquiétante sauvagerie. Seule parenthèse contemplative et amicale, le regard d’une femme permet d’imaginer encore un monde plus apaisé. Mais dans ces temps nouveaux où la survie est l’unique dessein, le danger n’est jamais loin et réserve constamment des confrontations inattendues. 

Le récit post-apocalyptique a offert à la bande dessinée des œuvres marquantes tels Simon du Fleuve, Jérémiah ou récemment le somptueux La Terre des fils de Gipi. Avec ce dernier, Aquaviva partage le goût pour un monde qui aurait non seulement été victime d’une destruction dont on ne connaît pas les tenants, mais qui en outre aurait perdu son ancien langage. Là où Gipi inventait une langue qui se serait appauvrie, Guillaume Trouillard lui substitue des sons illisibles, jusqu’à faire de son récit une aventure muette. Pourtant, les mots sont partout présents au sein des décors composés avec minutie par l’auteur. Chaque image est le fruit de l’agencement des matériaux les plus hétéroclites : photographies, lettrages, bandes de papiers, tâches, salissures… et le résultat est d’une confondante beauté. On connaissait la maestria graphique de l’auteur de Colibri ou de La saison des flèches mais ici, il se surpasse en nous offrant un rendu des plus inédits, frôlant constamment l’abstraction. La grande beauté du livre est que le récit n’en devient jamais désincarné mais tout au contraire semble se nourrir de ces éléments disparates. C'est par sa puissance visuelle, sa faculté à proposer de l’inédit que Guillaume Trouillard invente un monde, le rend tangible. Aquaviva est une expérience de lecture inespérée comme seul peuvent nous offrir les grands artistes. 

Aquaviva est diffusée exclusivement sur le site des Éditions de la Cerise. Le tirage est limité à 475 exemplaires numérotés et signés.
Chronique également disponible sur planetebd.com

Atelier Initiation au Fusain


L’image contient peut-être : une personne ou plusAtelier Initiation au Fusain

Le fusain souvent s'effrite quand on l'emploie. Il salit parfois autant la feuille que la main. Pourtant, il est un outil idéal pour apprendre à dessiner. Venez-vous essayer à son utilisation.

vendredi 9 juin 2017

Le coin de la BD "Musique"


"Le coin de la BD" "La musique dans la BD".
A l'occasion de la fête de la Musique, venez découvrir "La musique dans la BD" lors de la prochaine séance du Coin de la BD qui aura lieu le 20 juin à 17h30.

Le SingulierS Médiathèque, BOULEVARD JOSEPH ROSSELLI, Belleville (69)

mercredi 7 juin 2017

Mickaël ou le mythe de l’homme des bois, Fabien Grolleau, éditions Six Pieds sous Terre, 2017.


Mickaël ou le mythe de l’homme des bois, Fabien Grolleau, éditions Six Pieds sous Terre, 2017. 


Mickaël, garde forestier, voit sa vie s’écrouler lorsqu’il assiste -impuissant- à la mort d’un grand cerf dont il avait la charge. Démarre alors une errance au sein de la forêt Noire. Un voyage contemplatif empli de vivacité et d’émotion.

Mickaël, garde forestier œuvrant au sein de la forêt Noire, vit en parfaite harmonie avec la nature dans laquelle il a grandi. Sa présence est tolérée par les animaux, mais aussi par les braconniers repentis ou les bûcherons. Tout comme sa demeure « l’office de la Forêt Noire » imbriquée au sein des arbres, il ne semble faire qu’un avec un environnement qu’il s’efforce de protéger des agressions extérieures. Mais un matin, alors que Mickaël contemple cette nature dont il est garant, il assiste, impuissant, à la mise à mort du grand cerf par un braconnier en jogging. Saisi d’effroi face à la dépouille de cet ami agonisant qui lui affirme « Moi, je suis de la forêt », le garde-forestier démissionne et erre inlassablement. Non seulement il a échoué dans sa mission, mais il a compris que lui, ne serait jamais un élément de la forêt. « La forêt est la terre des bêtes sauvages. Nul homme n’y sera jamais le bienvenu. C’est comme ça, c’est la règle ancestrale de la forêt Noire ». Commence alors pour Mickaël un voyage introspectif et fantastique.

En 2016, Fabien Grolleau nous avait offert en tant que scénariste le somptueux Sur les ailes du monde, Audubon consacré à Jean-Jacques Audubon, naturaliste et peintre ayant sillonné les États-Unis au début du 19ème siècle. C’est ce même gout pour la nature, et sa sauvagerie, que l’on retrouve aujourd’hui dans Mickaël ou le mythe de l’homme des bois, projet sans doute le plus personnel de l’auteur et dont les prémisses étaient lisibles en ligne dès 2007. A la lecture du sous-titre de l’ouvrage, on pourrait imaginer être confronté à une thématique purement contemplative et naturaliste ou encore à une nouvelle ramification du livre Walden ou la vie dans les bois de Henry David Thoreau. Tout cela est vrai. Mais Fabien Grolleau réussit à s’émanciper de ses modèles en privilégiant dans son récit la fantaisie. On sera surpris à chaque instant d’y découvrir une nature qui parle, se réunit, disserte, une nature où les bûcherons ressemblent à s’y méprendre aux Pieds Nickelés, une nature qui évoque parfois l’expressionnisme des scènes nocturnes de La nuit du chasseur, plus que la retranscription contemplative d’un récit de voyage. Le trait de Fabien Grolleau s’apparente à une écriture faite de liberté et de vivacité. Quant aux lavis utilisés pour la mise en couleur, ils permettent d’évoquer des zones enfouies sans jamais les préciser. Au final, le plaisir de lecture est immense tant pour les yeux que par l’ingéniosité de l’écriture.
Chronique également disponible sur planetebd.com
 

samedi 6 mai 2017

De ma lucarne - Henri Calet -éditions L'imaginaire / Gallimard - 2014.

Henri Calet in Nouvel appel à notre civisme, 7 Janvier 1956:

"A la longue, je m'étais aperçu qu'il existe une sorte de Français qui, en période de campagne électorale, pourchassent les candidats d'école en école, dans le dessein, pas toujours réalisé, de réciter une petite allocution sur un sujet qui leur est familier, ou, à défaut, de poser des questions inattendues, ou, en désespoir de cause, de pousser des clameurs. On peut se demander ce que font de leurs soirées ces tribuns occasionnels dans le cours des années creuses qui sont tout de même la règle."
 

dimanche 23 avril 2017

"Le coin de la BD, Autobiographie"

"Le coin de la BD, Autobiographie"
 
L'autobiographie est un mouvement majeur de la bande dessinée de ces dernières années. Racontant leur quotidien, sous forme de livres mais aussi de blogs, les auteurs s’appropriaient de nouveaux sujets jusqu'alors délaissés.

Venez découvrir cette bande dessinée autobiographique lors de la prochaine séance du Coin de la BD...
Ados-Adultes/
Gratuit/
Mardi 25 avril à 17h30 (arriver 5 min à l'avance, durée 1h environ.)
Entrée gratuite
Le SingulierS Médiathèque
3, BOULEVARD JOSEPH ROSSELLI, 69220 Belleville (Rhône)

mercredi 12 avril 2017

Quelques questions à Hervé Tanquerelle concernant Groenland vertigo (éditions Casterman – 2017).


Quelques questions à Hervé Tanquerelle concernant Groenland vertigo (éditions Casterman – 2017).

On suit les publications de Tanquerelle depuis de nombreuses années maintenant. Si déjà La ballade du pendu, publié en 1998 dans la collection Patte de mouche chez l’Association, avait attiré notre attention, de même que son travail sur Le legs de l’alchimiste (avec Hubert) ou Professeur Bell (avec Sfar), force est d’admettre que c’est avec La communauté (Futuropolis – 2008 à 2010) que Tanquerelle est devenu un de nos auteurs fétiches. Dans ce copieux pavé (préalablement publié en deux volumes distincts), il nous racontait, sur la base d’un entretien avec Yann Benoit, la vie et l’évolution de la communauté de la Minoterie. Avec ce livre, il parvenait tout simplement à inventer un de ces ouvrages que l’on garde précieusement dans sa bibliothèque, sentant qu’ils sont une part importante de notre vie. S’en suivirent d’autres publications alliant qualité constante et désir incessant de se renouveler. On peut citer Les faux-visages (avec David B, Futuropolis -2012) ou Les voleurs de Carthage (avec Appollo, Dargaud – 2013/2014) et bien évidemment ses adaptations des Racontars de Jørn Riel (avec Gwen de Bonneval, éditions Sarbacane, 2009, 2011 et 2013). Dans le dessin de ces ouvrages, Tanquerelle semble mêler avec un plaisir constant le classicisme et la précision d’une composition propre à la ligne claire avec les trognes et l’exubérance d’un Crumb. De cette dichotomie graphique semble naître la fascination qu’exerce sur nous le travail de l’auteur.

Aujourd’hui, il nous revient avec Groenland Vertigo, dans lequel il se confronte directement à un de ses modèles, Hergé… mais qu’il subvertit en rendant un hommage détrourné à
Jørn Riel. Mêlant avec bonheur documentaire et fiction, Tanquerelle nous offre, une fois de plus, une œuvre foisonnante et nettement moins linéaire qu’elle n’y parait.
Nous tenons à remercier Hervé Tanquerelle d’avoir accepté de répondre à nos questions.



Groenland Vertigo s’inspire d’une expédition à laquelle vous avez été invité par l’écrivain Jørn Riel suite aux adaptations que vous aviez effectué de ses célèbres racontars. Pouvez-vous nous raconter qu’elle était la finalité de cette invitation?

Effectivement, mon récit est fortement inspiré de l'expédition à laquelle j'ai participé en août 2011 au Groenland. J'ai donc passé trois semaines dans les fjords du Nord-est, exactement là où Jørn Riel a vécu dans les années 50. L'idée de ce séjour était de réunir des artistes et des scientifiques sur une goélette et de parcourir une partie de cet immense parc national.

2° De 2008 à 2010, vous aviez réalisé une œuvre majeure - La communauté – fruit d’un entretien avec Yann Benoît. Dans cet ouvrage vous vous confrontiez à une bande dessinée proche d’un reportage à hauteur d’homme. Pourquoi avoir choisi dans Groenland Vertigo de délaisser la «véracité» du témoignage pour nous narrer «une vie imaginaire» de Tanquerelle?

Lorsque je suis revenu de ce voyage j'étais à la fois heureux et frustré. Heureux car j'avais eu le privilège d'aller dans des contrées fabuleuses et extrêmement difficiles d'accès, accompagné d'une équipe très chouette humainement parlant, mais frustré parce que la barrière de la langue m'avait empêché d'avoir des conversations poussées avec chacun des participants (mon danois est inexistant et mon anglais trop faible). De ce fait, je suis resté à la surface des choses alors même que j'avais à mes côtés des scientifiques et des artistes de renom. Et même si j'avais bien quelques anecdotes amusantes ou surprenantes à raconter, j'ai très vite compris qu'il me serait difficile de trouver suffisamment de matière pour faire de cette expérience un récit autobiographique pertinent. J'ai donc mis tout ça de côté en me disant que ça me servirait peut-être un jour. Et quelques années plus tard, suite à une interview publique, mes amis Gwen de Bonneval et Brüno, m'ont mis le grappin dessus et m'ont tout simplement demandé pourquoi je n'en faisais pas une fiction ? C'était tellement évident que je n'avais même pas réalisé que j'avais tout ce matériel à portée de main ! De plus, l'idée de faire à mon tour un racontar sur la base de mon voyage me paraissait être une bonne manière de rendre hommage à Jørn Riel.

Groenland Vertigo fourmille de clins d’œil à Tintin, y compris dans votre choix très ligne claire de graphisme. Pouvez vous nous parler de l’attrait -déjà identifiable dans certain de vos ouvrages précédents, qu’exerce sur vous l’œuvre d’ Hergé?
Enfant, j'ai été happé par le dessin d'Hergé. J'ai appris la bande dessinée avec Hergé. Sa grammaire, sa narration sont inscrites en moi. Mais, mon dessin n'a jamais vraiment été « ligne claire ». Je l'ai juste poussé un peu plus dans ce sens pour ce qui concerne les personnages de ce récit. Sans parler des nombreux clins d'œil disséminés tout au long de l'histoire qui m'ont permis de nourrir mon scénario en le rendant à la fois plus rocambolesque et humoristique. Cependant, je ne suis pas un tintinophile accompli. C'est juste que l'univers d'Hergé est un formidable terrain de jeu et que ce serait dommage de s'en priver quand on est, comme moi, encore habité par celui-ci. 


4° Contrastant avec votre parti pris ligne claire, vous avez décidé de confier à Isabelle Merlet la somptueuse mise en couleur de votre livre. Pourquoi avoir décidé de vous éloigner des aplats si identifiables aux albums de Tintin?
Tout d'abord, pour ne pas sortir complètement de mon univers graphique puisque je ne faisais pas une reprise de Tintin pure et dure. Ensuite, parce que je voulais que la réalité du voyage puisse être ressentie par le lecteur via les paysages, les décors et donc les couleurs assez réalistes de ceux-ci. Ayant déjà travaillé avec Isabelle sur Les Voleurs de Carthage et connaissant ses capacités techniques à coloriser les gris et surtout son immense talent, j'ai tout de suite fait appel à elle. Et je ne le regrette pas une minute.
5° Jørn Riel, devenu Jørn Freuchen dans votre récit, est présenté comme un personnage attachant mais colérique et amoureux de whisky. Avez-vous eu l’occasion de lui faire lire Groenland Vertigo? Est-il envisageable un jour de contempler «un projet de livre en commun» ou est-ce que réaliser Groenland vertigo était une façon d’accomplir ce désir d’aventure commune?

Je lui envoyé le livre avec une lettre traduite en danois afin de lui expliquer ma démarche car, malheureusement, Jørn ne lit pas le français. J'aimerais le recroiser s'il vient en France pour pouvoir en discuter avec lui. Je ne pense pas qu'une collaboration soit envisageable mais j'ai déjà eu énormément de plaisir à adapter ses racontars ou même à les illustrer. Et effectivement, écrire cette histoire aura été un beau moyen de vivre une aventure rêvée.

6° Pouvez-vous nous citer quelques auteurs (en dehors de Jorn Riel et Hergé) qui ont une importance particulière à vos yeux?

Pour la bande dessinée : Tardi a été important pour moi, notamment avec sa série Adèle Blanc-sec. Plus tard, Blutch m'a complètement retourné et c'est toujours le cas. Crumb, bien sûr. Tove Jansson, Got, Franquin, Tezuka, etc.

Pour la littérature : Hunter S Thompson, Georges Perec, Lieve Joris, Philipp K Dick, Jean Rolin, Flaubert et bien d'autres. 




mardi 4 avril 2017

La terre des fils - Gipi - éditions Futuropolis - 2017.


La terre des fils - Gipi - éditions Futuropolis - 2017. 
 

On connaît le travail de Gipi depuis l'important Notes pour une histoire de guerre, prix du meilleur album espéré et indiscutable du festival d'Angoulême 2006. L'auteur y révélait déjà les thématiques présentes dans bon nombre de ses albums à venir: l'adolescence, l'abandon des pères, la guerre, des territoires abandonnés.
S’en sont suivis d’autres livres importants (S., Ma vie mal dessinée ou Vois comme ton ombre s’allonge) dans lesquels l’expérimentation graphique se disputait aux interrogations viscérales et existentielles de l’auteur. Nous amenant parfois jusqu’au malaise, Gipi utilisait la bande dessinée à la fois comme un lieu d’exigence artistique, mais aussi comme un territoire de lutte, de combat, dans lequel chacune de ses failles était mise à jour, triturée. Attention, le créateur italien n’est pas du genre à se complaire dans de vaines gesticulations ou réflexions nombrilistes. Il s’acharne, lutte, semble parfois au bord du gouffre, mais toujours pense à la mise en forme qui en résulte.

La publication de La terre des fils est en soi un événement, une nouvelle pierre à l’édifice élaborée par Gipi. Sa lecture nous démontrera qu’elle en est le nouveau sommet.

Sur les bords d’un lac, un homme élève seul ses deux enfants. Ce père a connu la civilisation d’avant, mais ne veut rien en raconter. Pour survivre dans ce monde dévasté - par quoi exactement ? on ne le saura pas. Il leur apprend non seulement à ne pas chercher un ailleurs, mais surtout il leur assène des règles de vies strictes et non discutables. Allant jusqu’à bannir l’apprentissage du vocabulaire et de l’écriture. Les enfants ne pourront survivre qu’en étant adapté à ce monde où le sentiment, l’entraide et les mots rassurants seront proscrits. Toutes ses pensées, comme un acte, vestige d’un ancien temps, le père les retranscrit le soir dans un carnet, à l’abri du regard des enfants. Mais cet acte d’écriture devient élément de fascination pour Santo, le fils le plus rétif aux règles, qui observe, caché avec son frère, le rendez-vous rituel de son père.

La terre des fils nous offre un monde désolé, ravagé, dangereux, dans lequel se battent pour survivre deux enfants ignorants du monde qui les entoure. Cette histoire, si elle s’apparente au parcours initiatique accompli par d’autres « héros » dans les livres précédents de Gipi, surprend par la simplicité d’un dispositif qui contraste avec la richesse de l’univers qui nous est proposé. Tout comme son graphisme synthétique mais tendu et d’une fulgurante beauté, le récit avance de façon linéaire, d’un seul jet, s’enrichissant des non-dits et des multiples ramifications qu’il engendre.

La terre des fils est une immense lecture, comme seuls les plus grands auteurs peuvent nous en offrir. 
 

samedi 25 mars 2017

"Le coin de la BD, Reportage et BD partie 2"

"Le coin de la BD, Reportage et BD partie 2" 

Depuis quelques années, nombre d'auteurs de bandes dessinées se sont transformés en reporters traitant des sujets aussi variés que l'actualité, le voyage...et même la cuisine. Venez découvrir cette bande dessinée de reportage lors d’une nouvelle séance du Coin de la BD. Ados-Adultes/ Gratuit/ Mardi 28 mars à 17h30 (arriver 5 min à l'avance, durée 1h environ)
Le SingulierS Médiathèque
3, BOULEVARD JOSEPH ROSSELLI, 69220 Belleville (Rhône)

vendredi 10 mars 2017

Jean Giraud / Moebius, 8 mai 1938 - 10 mars 2012.

Jean Giraud / Moebius, 8 mai 1938 - 10 mars 2012.

...il y a cinq ans:
Jean Giraud / Moebius (1938-2012). « Désolé pour Moebius ».

« Moebius est mort... »...j'ai reçu plusieurs sms Samedi pour m'annoncer la mort de l'auteur. Ma compagne m'a même envoyé « Désolée pour Moebius ». Elle me connait. Elle sait l'importance qu'a revêtu l'œuvre de certains auteurs dans ma vie. Bêtement, à la mort de Franquin, j'ai pleuré. Cette fois, pas de larmes. On grandit sans doute. Juste l'impression que le monde entier des lecteurs/auteurs de bandes dessinées est en deuil. Certains auteurs sont attachés à une époque. Leur œuvre importante pour l'histoire ne franchit pas forcément l'épreuve du temps. Celle de Jean Giraud / Moebius reste fascinante et unique. Se plonger dans son univers reste un passage obligé de tout amoureux de bande dessinée. Pas pour savoir ce que cette œuvre a apporté à la bande dessinée, mais pour se prendre une claque monumentale ... toujours opérante.
Je pense que la bande dessinée est avant tout narration. Le beau dessin ou la virtuosité technique ne m'intéressent pas en soi. Ce qui est fascinant dans le travail de Jean Giraud / Moebius, c'est cette capacité à nous plonger dans son univers. Oui, il est un dessinateur génial. Il suffit de voir les derniers Blueberry, pas les meilleurs mais ceux où son métier parle le plus, pour s'en convaincre. Nul autre que lui n'a fait à ce point ressentir l'ambiance d'un saloon ou l'aridité du désert. Non seulement son dessin y est virtuose et élégant, mais il ajoute sa propre histoire au scénario proposé. Charlier était un grand scénariste, mais c'est le dessin de Jean Giraud qui fait que des albums comme Chihuahua Pearl ou Le Sceptre aux balles d'or ont marqué la plupart de la clientèle bande dessinée que j'ai pu rencontrer dans mon expérience de libraire.
Si des auteurs comme Tardi, que j'admire par dessus tout, construisent leur « carrière » album après album, Moebius lui a fait œuvre. On peut être déçu par le dernier Monde d'Edena, ou par tel autre album ... mais ceci n'a aucune importance. Ce qui impose le respect, c'est cette œuvre métamorphe capable de toutes les excentricités : surcharge de détails, épuration à l'extrême, absence de texte, violence, mysticisme, trivialité, classicisme … tout ceci ne fait qu'une seule et même œuvre de bout en bout fascinante. Aucun autre auteur de bande dessinée ne peut se vanter d'avoir exploité à ce point les possibilités de la bande dessinée … et ce toujours avec cette même fascination enfantine pour son médium. Dans le très beau Moebius, entretiens avec Numa Sadoul (éditions Casterman, 1991), il dit :
« (…) On croit que telle image est conforme à ce que j'ai voulu ; en fait, pas du tout, il était prévu au départ un machin grandiose ! Mais ça, je peux pas l' écrire en marge, je ne peux pas dire au lecteur : "Ah si vous saviez ce que j'ai rêvé là (…) ". »

Ce Samedi 10 Mars 2012, j'étais triste. Ma compagne avait raison. « Désolée ». Il était rassurant de savoir qu'un homme comme Jean Giraud / Moebius existait. Un génie du dessin, sans doute, mais qui n'eut qu'un souhait : ne jamais se laisser enfermer dans son talent. Le monde de la bande dessinée est en deuil, car Moebius et Jean Giraud sont morts d'un même mouvement.
Dans Moebius, entretiens avec Numa Sadoul (éditions Casterman, 1991), il dit : « (…) De toute façon, il y a peut être des chances pour que je disparaisse un jour réellement sans qu'on sache ce que je suis devenu. Qu'on se dise : ''Tiens, au fait, Moebius, est-ce qu'il est mort ? J'ai pas vu sa nécro " »



mardi 28 février 2017

Gus, tome 4 : Happy Clem – Blain – éditions Dargaud- 2017


Gus, tome 4 : Happy Clem – Blain – éditions Dargaud - 2017



Huit années se sont écoulées depuis Ernest, le tome précédent de la série Gus initiée par Blain en 2007. Passée l’introduction où nous retrouvons Gus, la suite du copieux ouvrage nous permettra de suivre la nouvelle vie « heureuse » de Clem. Bandit, compagnon de route de Gus, accomplissant de derniers coups d’éclats avant de se ranger, et de vivre une existence de confort en compagnie de sa femme Ava et de sa fille Jamie. 

Clem ne perdrait-il pas dans ce changement d’horizon une part de ce qui le constitue ? Son couple lui-même peut-il vivre sans l’excitation qui composait son passé ?
Découvrir en Clem un héros vieillissant, se nourrissant de sa légende, par-dessus tout amoureux de sa femme et de sa fille est un acte d’une émotion rarement entrevue dans la bande dessinée.
Si le récit est parcouru d’aventures, de rebondissements et de personnages hauts en couleurs, c’est ce même attrait pour une nostalgie de liberté perdue contrebalancée par un amour pour son foyer qui infuse toute sa beauté à l’œuvre. La scène familiale au bord de la plage est à ce titre exemplaire. 


Happy Clem est un livre traversé d’amour et de mélancolie. Chaque trait exécuté par son auteur est porteur de ce même rapport au dessin : une envie d’en découdre, tout autant que de se perdre dans la contemplation.
Il faut encore insister sur l’art du mouvement insufflé par Christophe Blain, non seulement à ses personnages, mais aussi à ses mises en page, à sa narration. On admire chacun de ses gestes comme on se délecte de ceux d’André Franquin.
Je ne peux pas faire de plus grands compliments.

lundi 13 février 2017

Rencontre avec Benjamin Flao le 28 Février à la médiathèque le Singuliers (Belleville-69)


La prochaine  séance « le coin de la BD » aura lieu le Mardi 28 Février à 17h30. Le thème abordé sera le reportage dans la BD. A cette occasion, nous aurons comme invité Benjamin Flao,  auteur de La ligne de fuite ou encore Kililana Song, et collaborateur à la Revue Dessinée. Nous évoquerons son travail de dessinateur, ses livres, ses voyages et ses projets.

Nous serons ravis de vous y retrouver et vous y attendons avec impatience.

plus d'informations sur Benjamin Flao ici


Jirô Taniguchi (1947-2017)

Jirô Taniguchi (1947-2017)

Benoit Peeters in Jirô Taniguchi, l'homme qui dessine -  entretiens - éditions casterman - 2012:

"Jirô Taniguchi est devenu l'un des principaux passeurs entre le monde des mangas et celui de la bande dessinée. Mais il est surtout, tous domaines confondus, l'auteur d'une des œuvres  les plus fortes et les plus universelles de notre temps."


 

lundi 6 février 2017

Quelques questions à Fabien Vehlmann à propos de Satanie (Fabien Vehlmann / Kerascoët – éditions Soleil / collection Métamorphose– 2016). :


Quelques questions à Fabien Vehlmann à propos de Satanie (Fabien Vehlmann / Kerascoët – éditions Soleil / collection Métamorphose – 2016): 

Au mois d'octobre 2016, Fabien Vehlmann et Kerascoët nous offrait une des plus belles lectures de l'année 2016. Nous décrivions notre fascination pour ce livre ici
Satanie était une nouvelle fois la confirmation de la pertinence du travail de son scénariste à multiple facettes Fabien Vehlmann. Du Marquis d'Anaon, en passant par Paco les mains rouges, Les derniers jours d'un immortel ou sa reprise réussie de Spirou et Fantasio, chacune de ses propositions fait preuve d'une rigueur mêlée à un désir constant de se confronter à de nouveaux territoires.
Ce que l'on ne cesse d'admirer aussi dans ce travail, c'est la place laissée aux différents graphistes qui l'accompagnent.
Est née alors en nous l'envie de poser quelques questions à Fabien Vehlmann afin de découvrir d'un peu plus près son travail de scénariste.
Le coin de la limule tient à remercier Fabien Vehlmann qui a, malgré un emploi du temps extrêmement chargé, bien voulu répondre à nos questions, tout en acceptant de nous ouvrir un peu les secrets de son atelier en nous fournissant une part du scénario de Satanie 2 (dont vous découvrirez un extrait en réponse à la question 4).

Voyage en Satanie paru en 2011 (éditions Dargaud) était annoncé en deux parties. Aujourd'hui, l'album a changé de titre -désormais Satanie- et propose en un unique volume ce qui aurait sans doute dû correspondre aux deux tomes (aux éditions Soleil, collection Métamorphose). Une nouvelle naissance pour ce beau projet. Le deuxième tome était-il déjà réalisé à l'époque de la sortie du premier ou a-t-il été réalisé ultérieurement lors de l'assurance de sa nouvelle vie éditoriale ?


J’avais déjà terminé le scénario du tome 2 quand la sanction est tombée : les résultats insuffisants du premier tome rendait la suite inenvisageable… Un coup dur, dans la mesure où je trouve toujours très difficile d’admettre que les lecteurs n’auront pas la fin d’une histoire ! C’est d’ailleurs pour cela que j’avais fini par annoncer que j’allais mettre mon script en ligne sur mon blog, pour celles et ceux que cela intéressait. Et c’est le moment qu’ont choisi Clotilde Vu et Barbara Canepa pour me contacter en me demandant de les rencontrer avant de faire quoi que ce soit… Une aubaine inespérée, pour moi !


Satanie est votre seconde collaboration avec les Kerascoët, après le marquant Jolies ténèbres (2009 aux éditions Dupuis). L'univers graphique proposé par les Kerascoët y est d'une grande puissance. Saviez-vous avant l'écriture du scénario que vous collaboreriez avec eux ? Votre scénario s'est il nourri de leurs propositions ? Pourquoi cette volonté de travailler ensemble ?


Comme souvent quand j’écris, mon scénario s’est nourri des discussions que nous avons eu ensemble. Et si j’ai apporté la structure de départ (un scientifique voulant prouver l’existence de l’enfer grâce à la théorie de Darwin), les personnages principaux sont clairement issus de nos discussions, ainsi que le look organique de cette "satanie" multicolore !


3°Votre scénario glisse progressivement vers le fantastique, mais n'oublie jamais d'être plausible. Ainsi, dès l'entame de l'expédition souterraine, un cadre "scientifique" nous est offert: «Savez-vous qu’à ce jour, aucun savant n’a su expliquer la disparition de l’homme de Néandertal, contemporain de notre aïeul, l’Homo-sapiens ?". Vous souvenez-vous de comment vous est venue l'idée initiale de ce scénario, et quelle en était la ligne directrice ?


L’idée m’est venu de mon intérêt pour les articles scientifiques de tout genre (je suis un grand fan de Jules Vernes, mais aussi de publication de vulgarisations telles que Science et Vie Junior !!). A mon sens, il existe un « merveilleux » scientifique, résidant dans la rencontre du génie humain et de l’ingéniosité folle de la Nature. Comprendre les mystères du monde continue à me passionner ! Et c’est dans ce cadre que j’ai dévoré tous les articles concernant les néandertaliens – ainsi que les théories inspirées de Darwin, que je considère comme un des plus grands génies qui soit. Ensuite, j’ai par contre tenu à connecter ce versant « savant » à mon imaginaire : la théorie de Constantin est ici un pur produit de mon esprit étrange, un concept amusant que j’ai juste tâché de rendre crédible par un vernis technique !


4°On voit souvent le travail préparatoire des dessinateurs de bandes dessinées à travers les étapes que sont les croquis, le découpage, les planches... et peu celui des scénaristes. Pour se référer à une autre génération, on sait que Goscinny pensait jusqu'au découpage des planches tandis que Charlier fournissait des feuilles uniquement dactylographiées. A quoi ressemble un scénario de Fabien Vehlmann ?







5°Pour moi, vous faites partie des rares scénaristes qui parviennent à faire œuvre d'auteur (ceux dont le nom devrait apparaître dans la sélection du Grand Prix d'Angoulême!). Vous alternez des projets aussi divers que la série phare Spirou et Fantasio ou Seuls, avec des one-shot inclassables tels L'île aux 100 000 morts ou Les derniers jours d'un immortel... Et vous réussissez la gageure de ne jamais produire un livre qui paraisse "fabriqué". On sent à la fois votre plaisir dans l'envie de raconter, mais aussi la volonté de toujours surprendre, de jouer avec les possibles d'un scénario. De plus, le lien entre votre travail d'écriture et celui des dessinateurs qui l'accompagnent (aux styles extrêmement variés) semble à chaque fois inextricable. Que se soit pour Satanie, Paco les mains rouges ou autre Marquis d'Anaon, on aurait du mal à imaginer une autre collaboration que celle qui s'offre à nous... les deux sont d'égales force. Entrez-vous en contact avec un dessinateur parce que vous avez une idée d'histoire qui vous semble pouvoir accompagner son univers ou est-ce le dessinateur -ou son éditeur qui vous contacte et vous amène à l'écriture d'un scénario ?


Tout est possible en matière de début de collaboration : de la rencontre « facilitée» par la rédaction de Spirou à mes débuts (Bodart pour Green Manor), à la demande d’aide sur une idée de départ (Marie Pommepuy, sur Jolies Ténèbres), en passant – la plupart du temps – par des discussions et rencontres entre auteurs sur des festivals… J’aime varier les plaisirs et ne pas me cantoner à un seul genre. Le risque de cette stratégie ? Ne pas être immédiatement reconnaissable en librairie (un « livre de Vehlmann » ne ressemble pas forcément au précédent, au risque de décevoir ou de brouiller les pistes). L’avantage ? Ne jamais m’ennuyer, prendre des risques, expérimenter des choses, m’amuser, varier mes collaborations…J’ai clairement choisi !


6°Pouvez-vous nous citer des livres (bande dessinée ou pas) qui ont une importance dans votre parcours ? Y-a-t-il des scénaristes (quelque soit le pays d'activité) dont vous admirez particulièrement le travail ?


En BD, j’ai clairement une affection pour Goscinny, Franquin, Christin avec Mézière (et tellement d’autres). En littérature, des gens comme Ray Bradbury, Richard Matheson, Fredric Brown, Fritz Leiber – le livre Sa Majesté des Mouches  de Golding,  Ravage de Barjavel… Les feuilletons de Gaston Leroux, les premiers livres de Stephen King… (et tellement d’autres). En cinéma, un scénariste comme Charlie Kaufman m’inspire un grand respect, ainsi qu’Alain Resnais pour l’ensemble de son œuvre… La team d’écriture de  The Wire, pour la télévision… Actuellement, je reste très fan de David B, en matière de scénario, ou de Daniel Clowes aux USA… Des sources disparates, comme on le voit !

dimanche 22 janvier 2017

Jérémie - Paul Gillon – éditions Aaapoum – 2017


Jérémie - Paul Gillon – éditions Aaapoum – 2017 
La librairie Aaapoum Bapoum publie en ce début d’année l’intégrale en un volume de la série Jérémie (ex Jérémie dans les îles) parue de 1968 à 1973 dans le journal Pif-Gadget, puis reprise par la suite en quatre tomes aux Humanoïdes associés.

En plus de son élégance évidente, l’édition qui s’offre aujourd’hui à nous a l’immense avantage de se proposer exempte de toute colorisation. Or, quiconque a eu la joie de contempler l’œuvre de Gillon en noir et blanc, sait que c’est là que se mesure l’ampleur de son ambition.

Malgré le classicisme apparent de son travail graphique, renforcé par l’utilisation d’un texte cantonné à des cartouches, laissant craindre un aspect «roman-photo» éloigné de la narration de la bande dessinée, on est vite subjugué par chacune des images qui s’offre à nous : force des compositions, anatomie totalement maîtrisée, virtuosité du trait, mais aussi acceptation de l’imperfection du trait de pinceau et prise en compte du vide comme élément moteur de son vocabulaire plastique.

Chaque case est habitée du désir de Paul Gillon de proposer le «signe» parfait, alliant raffinement, dynamisme, tension et équilibre. Chaque case réussit également la gageure d’appeler la suivante, de nous inviter à nous délecter de l’ensemble de la planche. 

Avec ce livre, Paul Gillon, déjà auteur d’une œuvre conséquente à l’époque, s’initiait au scénario au long cours, et trouvait dans la déambulation de son personnage le pendant évident à son appétit graphique.

Il faut remercier la librairie Aaapoum Bapoum, ainsi que Stéphane Beaujean et Fréderic Poincelet auteurs d’une postface parfaite, de rendre à cet auteur essentiel de la bande dessinée du XXème siècle la place qu’il mérite.

jeudi 19 janvier 2017

Hilda et la forêt de pierres – Luke Pearson –éditions Casterman – 2017.

Hilda et la forêt de pierres – Luke Pearson –éditions Casterman – 2017.


On n'en finit plus de chanter les louanges de la série Hilda, tout d’abord publiée par les éditions anglaises Nobrow, désormais au catalogue Casterman. De Hilda et le géant de minuit, en passant par Hilda et La parade des oiseaux ou Hilda et le chien noir, Luke Pearson a démontré qu’il tenait dans cette création sans doute la série jeunesse actuelle la plus enthousiasmante. La cohérence –et l’aspect inédit- de l’univers de son personnage était présent dès le premier opus. Mêlant bestiaire fabuleux, paysages qui parviennent à enchanter notre propre quotidien et vrai sens de l’aventure, Hilda subjugue par la beauté de ses compositions, mais aussi par la profondeur sous-jacente au récit. Des personnages apparaissent progressivement depuis l’origine de série, et semblent acquérir leur vie propre, s’enrichir mutuellement. On est sans cesse émerveillé de retrouver une connaissance issue d’un livre précédent. Le monde d’Hilda est plein de vie, de sentiment, de poésie. Quant à ce Hilda et la forêt de pierres, il permet d’approfondir les liens entre l’héroïne et sa maman, de l’inclure à son monde merveilleux. Par son sens du détail, et son acceptation des silences qui se dessinent entre les personnages, Luke Pearson parvient une nouvelle fois à nous émerveiller et à nous inventer le désir d’attendre impatiemment la continuation de cette magnifique fresque. 


lundi 16 janvier 2017

Programme alléchant à la Manufacture des idées (71)

La sixième Manufacture d’idées aura lieu à Hurigny (71)  du 24 au 28 Mai 2017.
Cette édition portera sur le thème des traces.
Plusieurs invités sont déjà annoncés sur le site de La Manufacture d'Idées:

Michelle Zancarini-Fournel,
Emanuele Coccia,

Arno Gisinger,
Georges Didi-Huberman,
Marylène Patou-Mathis,
Nastassja Martin...

...de nombreux autres invités sont à venir.

On peut trouver tous les détails sur les auteurs invités ici.

Et surtout, on peut adhérer à l'association  ou la soutenir ici.

Un beau festival qui fait sens.