lundi 24 juin 2013

Franquin et les fanzines – éditions Dupuis - 2013


Franquin et les fanzines – éditions Dupuis - 2013


Ce pavé de 480 pages regroupe les entretiens accordés par André Franquin à des fanzines, aux noms plus improbables les uns que les autres (Falatoff, Antirouille, Krukuk, Saucysson magazine... ) de 1971 à 1993. Le livre se révèle passionnant tant par les propos du créateur de Gaston Lagaffe que par le panorama qu'il nous dresse de l'histoire des fanzines. A ces publications à tirages plus ou moins confidentiels, dont le terme est composé de la contraction de "fanatique" et "magazine", Franquin n'a pas été avare à répondre à leurs sollicitations. Bien sûr, les entretiens se recoupent parfois (la naissance du mot marsupilami, pourquoi avoir créé le Trombone illustré, pourquoi avoir laissé Spirou à Fournier...), mais ils permettent de dresser un portrait tout en gentillesse (avec quelques pics parfois) de l'auteur se prêtant au jeu de ses jeunes interlocuteurs (parfois, ils sont étudiants ou lycéens). On le sent à chaque instant surpris et émerveillé de voir que ceux-ci le considèrent comme un véritable monument. Dans Ratatouille n°4 en 1986, Franquin pose la question suivante à Fred Coconut: "Pourquoi, quand on a vingt ans, on vient voir un gars qui dessine depuis mille ans, à l'ancienne manière, alors qu'il y a tellement de gens de BD ? Vous êtes collectionneurs de vieux trucs ou bien vous avez des goûts anciens?" On ne peut qu'être émerveillé par cette modestie non feinte. On est également enthousiasmé par la découverte des nombreux dessins exécutés par l'auteur pour animer ces fanzines. Pour vous donner un exemple, on demande à l'auteur s'il accepte de faire un dessin avec une représentation de saucisse pour la couverture de Saucysson magazine (tiré à 500 exemplaires)... et Franquin s'exécute. Le livre est rempli de ce type d'anecdotes d'un Franquin plein d'attentions et d'enthousiasme pour ces jeunes inconditionnels de bande dessinée. Double portrait de ce grand auteur et de l'histoire du fanzine en France (qui reste sans doute encore à écrire). Un bel hommage.

jeudi 13 juin 2013

Polarama – David Gordon – éditions Actes Sud – 2013.


Polarama – David Gordon – éditions Actes Sud – 2013.



" Même si bien sûr, à mon niveau, "populaire" signifiait un à-valoir de quatre mille cinq cents dollars pour un roman de trois cent cinquante pages, ce qui nécessitait que je tienne la cadence de dix feuillets tapés par jour. Quand je pense à tous les arbres que j'ai abattus pour payer mon loyer et ma note d'éléctricité...Lorsqu'il s'agit de littérature, je suis un vrai fourneau. Un incendie de forêt. Je suis le brasier infernal du roman américain."

mercredi 12 juin 2013

La cavalerie charge – Barry Gifford – 13 E Note éditions- 2013.


La cavalerie charge – Barry Gifford – 13 E Note éditions- 2013.



" Mon père était un immigré et je sais de quel acharnement lui, ses parents et son frère ont dû faire preuve pour survivre dans les bidonvilles de New York et de Chicago autour des années vingt. Tout est dit dans Manhattan Transfer. Un jour, j'avais alors huit ans, j'étais avec papa sur Chicago Avenue quand nous avons croisé un clochard qui ramassait un beignet peu ragoûtant. Il s'est assis sur le trottoir pour le manger. Mon père a sorti un billet de sa liasse et l'a fourré dans la poche de la veste de l'homme. Le clochard a continué à manger."

mardi 11 juin 2013

Texas forever – James Lee Burke – éditions Rivages – 2013.


Texas forever – James Lee Burke – éditions Rivages – 2013.



" Ils virent une petite lumière naître au sol au milieu du village, puis attisé par le vent, le feu devint plus vif et éclaira les silhouettes des deux hommes qui y jetaient des brousailles séchées. Les flammes montèrent en craquant et en soulevant des gerbes de flammèches jaunes, et les ombres reculèrent jusqu'au cercle des huttes."

lundi 10 juin 2013

Le peuple des berges – Robert Giraud – éditions le dilettante – 2013.


Le peuple des berges – Robert Giraud – éditions Le dilettante – 2013.


" Et pourtant, il grouille, le peuple de la nuit! Il s'éveille quand les projecteurs et enseignes flambent, faisant de la capitale un énorme gâteau d'anniversaire aux innombrables bougies. (...) Les quais de la Seine s'animent d'une vie fantomatique. D'inquiétantes silhouettes se détachent du moindre renfoncement, des piles de bois, des tas de sable ou de pierres. Hirsutes et hailloneux, des personnages se regroupent autour de feux de bois. Des ombres glissent, se rapprochent, s'éloignent. Dans l'obscurité de curieux marchés se traitent, de bizarres accouplements se défont..."