dimanche 31 mars 2013

Hollywood Babylone - Kenneth Anger - éditions Tristram - 1959/1965/1975/2013.


Hollywood Babylone - Kenneth Anger - éditions Tristram - 1959/1965/1975/2013.




« Il est vrai qu'à l'époque où Hollywood devint la capitale mondiale du cinéma, les personnages douteux fondirent sur la ville en plein essor telles des nuées de phalènes attirées par la lumière des projecteurs. Gangsters à deux sous, contrebandiers, dealers, escrocs, carnassiers, maîtres chanteurs, cambrioleurs, extorqueurs, ostrogoths, toutes sortes de détraqués sexuels ultra-cochon, boursicoteurs de placements fictifs, hurluberlus sectaires, astrologues du dollar, médiums imposteurs et évangélistes épicènes, guérisseurs charlatans, voyants véreux et « psychanalystes parasites ». Tous s'agitaient, rapaces, aux abords du Cercle enchanté. »

mardi 26 mars 2013

Daniel Arsand – Que Tal – éditions Phébus – 2013.


Daniel Arsand – Que Tal – éditions Phébus – 2013.


  Que Tal est le nom du chat disparu de l'auteur. Rarement la relation entre un homme et un animal n'a été décrite avec autant de force et de pudeur. Mais surtout, il s'agit d'un beau livre sur un homme confronté à ses solitudes, ses désirs, ses angoisses et irrémédiablement en proie à l'écriture.
«  J'écrirai donc ce qu'ils ont été et comment je me suis libéré d'eux, prétention, une houle, j'essaierai d'écrire les autres, les comme moi, et les étrangers, tout ce marécage humain, toutes ces pépites d'or dans la boue, j'écrirai sur ceux qui m'ont ému, qui m'ont un moment ravi à moi-même, j'écrirai sur ceux qui peuvent encore m'émouvoir, encore, j'aime bien ce petit mot. »


lundi 25 mars 2013

Patrick O'Neil – Hold-up 13e note éditions – 2013 :


Patrick O'Neil – Hold-up 13e note éditions – 2013 :





« La mémoire peut-être floue, trompeuse, voire si opaque qu'il est impossible d'y distinguer quoi que ce soit, et encore moins d'y voir au travers. Ajoutez à cela une vie sans répit faite de stress, de démence, de dépression, de peur, de ressentiment, de désir, de prise quotidienne de stupéfiants, ajoutez-y encore le passage des années, et vous obtenez ce qu'il me reste : des souvenirs. »

mardi 19 mars 2013

Le gigantesque Matthias Lehmann expose, à côté d'oeuvres de Topor, du 19 mars au 14 avril aux Abattoirs de Riom.




Le gigantesque Matthias Lehmann expose,  à côté d'oeuvres de Topor, du 19 mars au 14 avril  aux Abattoirs de Riom, 1 rue d'Ennezat à Riom.



Vous pouvez découvrir le travail du talentueux monsieur ici:

                                  http://blocmatthias.blogspot.fr/


 
 Deux albums essentiels: 


Avec deux dédicaces (dont je ne suis pas peu fier):

 



Et monsieur fait de la musique aussi :




         GIGANTESQUE je vous dis !







jeudi 14 mars 2013

Mais qui a tué Harry ? - Jack Trevor Story – éditions Cambourakis


Mais qui a tué Harry ? - Jack Trevor Story – éditions Cambourakis 

 

Roman paru en 1949 et adapté au cinéma par Hitchcock en 1955, Mais qui a tué Harry ? est un roman qui se déguste avec un plaisir non dissimulé.
Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire (mais peut-elle se raconter ?...) : nous sommes en Angleterre dans un paysage champêtre et verdoyant digne de la plus belle des imageries. Seul un élément vient faire tache dans ce décor : la présence d'un corps allongé et mort (nous apprendrons par la suite qu'il se nomme Harry). Dans un premier temps, le capitaine Wiles se pense coupable du meurtre causé par un malencontreux accident de chasse. Mais très vite, il va - et nous avec - se rendre compte que nombreux sont les villageois qui pourraient s'attribuer ce meurtre.
Mais qui a tué Harry ? est un roman réjouissant, dans lequel on se promène avec un plaisir rare. La plus grande des joies étant celle de voir l'ensemble de cette population (cette troupe, presque) traiter ce corps avec une indifférence totale. Rien ne lui est épargné : on l'enterre, le déterre, le lave, lui offre une cigarette... Et surtout, il est le lieu autour duquel on parle et s'offre une tasse de thé.
Le fait d'avoir vu le film d'Hitchcock n'est en aucun cas un handicap, tant l'écriture de Jack Trevor Story est délectable par elle-même. Un vrai moment de bonheur réjouissant et salvateur.

mercredi 13 mars 2013

.Les pieds dans le béton – Nicolas Wouters / Mickaël Ross – éditions Sarbacane – 2013.


Les pieds dans le béton – Nicolas Wouters / Mickaël Ross – éditions Sarbacane – 2013.



Bruxelles, de nos jours. Thomas s'est réfugié dans son grenier. Lorsqu'il descend pour récupérer de la nourriture dans le frigo, il découvre un mot de sa femme «  Ça ne peut plus continuer comme ça. Je vais chez mes parents avec la petite. Sors de ce trou. Je ne te reconnais plus. ». Il décide alors d'enfiler ses vieilles rangers, preuves d'une jeunesse passée, et de prendre le premier train pour le Sud. A la gare, il est agressé par un SDF qui se trouve être son ancien meilleur ami, Martin. Commence alors une nuit d'errance où tous deux vont sans cesse se confronter à leurs souvenirs communs.
Les pieds dans le béton se révèle un nouveau venu dans la famille qui unit Gipi à Baru. Des histoires d'amitié, d'espoirs, d'insoumission, mais dont la violence ne cesse de vous submerger. La grande force du récit de Nicolas Wouters est de laisser toutes les interprétations ouvertes. On peut être horrifié par la manière dont Martin s'incendie progressivement, mais on peut également admirer cette manière de vivre au-delà des conventions. On ne sait jamais si Thomas aide Martin au nom de leur amitié passée ou parce qu'il admire sa sédition. De même, on peut se demander quelles sont les raisons qui font que Martin considère Thomas -ce petit bourgeois!- comme son ami.
Le graphisme de Mickaël Ross épouse parfaitement le récit, et semble lui aussi vivre ces espaces de liberté et de soumission.
Quant à la conclusion de l'album, elle est à la hauteur de l'ensemble de cette bande dessinée : bouleversante et ouverte.

mardi 12 mars 2013

Emergency 911 – Ryan David Jahn – éditions Actes Sud – 2013.


Emergency 911 – Ryan David Jahn – éditions Actes Sud – 2013.



On a découvert Ryan David Jahn avec De bons voisins, un des polars les plus captivants et les plus formellement intéressants de l'année 2012. L'auteur examinait alors un fait réel : l’agression mortelle de Kitty Genovese en 1964 sous le regard de ses voisins. Il en résultait un roman choral et fortement troublant quant à la passivité de chacun.
Aujourd'hui, l'auteur nous revient avec Emergency 911, à l'intrigue fictive et surtout plus convenue. Tout est dit dès la phrase d'ouverture : « Il reste à Ian Hunt moins d'une heure de boulot à tirer lorsqu'il reçoit l'appel de sa fille morte ». Ian Hunt est adjoint du shérif et s'occupe de recevoir les appels d'urgence, le 911. Mais il est aussi un homme détruit : sept années auparavant, sa fille a été enlevée dans son propre domicile. Depuis peu, face à l'absence d'indice, elle a été déclarée morte. Sauf qu'à l'ouverture du roman, il reçoit sur cette ligne l'appel d'une jeune fille se nommant Maggie Hunt et lui sommant de lui venir en aide. Commence alors une véritable course-poursuite entre le shérif adjoint et le ravisseur de sa fille.
Le précédent roman de Ryan David Jahn dressait de véritables portraits psychologiques des nombreux personnages qui le composait. Cette fois-ci, l'auteur ne s'intéresse surtout qu'à Ian Hunt, sa fille et le couple de ravisseurs, ces rôles étant définis assez vite et ne laissant que peu de doute quant à la fonction de chacun. Pas d'intrigue, mais du suspense. Tout ici est dévoué à l'action, à cette traque infernale.
Ce qui fait la spécificité de l'auteur, et qui faisait déjà la force de son précédent opus, c'est son travail de construction du récit. Le roman se découpe en de nombreux chapitres, présentant en alternance les points de vue de chacun des personnages. Ce procédé a pour effet de ralentir l'action, de tourner autour, de la triturer. Ce qui ailleurs serait traité en un chapitre, est ici dilué dans le temps. Charge au lecteur de reconstituer tous ces éléments du récit. C'est cet art de la construction qui rend ce roman captivant et témoigne de l'originalité et de la valeur du travail de Ryan David Jahn.

jeudi 7 mars 2013

Didier Comès - Décembre 1942 / Mars 2013....mince alors.




« Silence est le point de départ d'un fil rouge qui continue. »


Didier Comès in L'autre côté du miroir – éditions Vertige Graphic – 1994.