vendredi 2 décembre 2016


Le remarquable et stupéfiant MONSIEUR LEOTARD – Eddie Campbell & Dan Best – traduction de Martin Richet - éditions Çà et là – 2016. 

Le nom d’Eddie Campbell est souvent associé à Alan Moore avec qui il a réalisé l’immense livre From Hell. Pour autant, limiter son importance à cette collaboration serait une erreur. Car depuis le début des années 80, Eddie Campbell, dessinateur et scénariste, a inventé certaines des bandes dessinées les plus enthousiasmantes de ces dernières années. Outre deux ouvrages adaptées de spectacles d’Alan Moore, La coiffe de naissance et Serpents et échelles, dans lesquelles il parvient à inventer un élan narratif inédit, on pense bien évidemment à l’autobiographique Alec, réalisée entre 1981 et 2002 et qui est selon nous une des œuvres majeures de l’autobiographie en bande dessinée, un véritable classique dont le champ d’investigation ne cesse de fasciner. Il faut citer aussi Le dramaturge, mêlant classicisme, humour et invention visuelle constante. Chacun de ces livres, publiés en France par les indispensables éditions Çà et là, ne cesse de fasciner par leur propos, mais aussi par leur imposante liberté formelle.

Le remarquable et stupéfiant MONSIEUR LEOTARD est la nouvelle œuvre d’Eddie Cambell. Il nous y raconte la vie rocambolesque d’Étienne, jeune homme ayant revêtu l’identité de son oncle Jules Léotard, trapéziste d’exception à l’importante notoriété. Le récit évoquera dans un élan ininterrompu les crimes de Whitechapel, le conflit franco-prussien, le naufrage du Titanic, l’île du diable ou la création de Superman. Monsieur Léotard et les membres de sa compagnie de cirque, aux étonnants pouvoirs, ne cessent de s’inventer des vies romanesques et aventureuses. A la fois marginaux et super-héros, ils se révèlent fascinants et emplis d’humanité.

Malgré l’extravagance de ce qui nous est conté, on a le sentiment que le livre est sous tendu par la réalité qui mêle faits historiques et romanesques en une même composante. Tout nous y émerveille, mais ne cesse de nous parler de notre monde.

Le graphisme d’Eddie Campbell n’a jamais semblé aussi libre. Travail sur la typographie, mise en page, utilisation des marges, production de fac-similés, couleurs fluides et expressives... tous les moyens offerts par son médium sont exploités avec envie et goût du jeu. Tout comme son héros, il se livre à un numéro d’acrobatie d’une élégance et d’une prouesse rare.

lundi 28 novembre 2016

Kaboom n°1 à 17 - Rédacteur en chef Stephane Beaujean -2013/2016

Kaboom n°1 à 17 - Rédacteur en chef Stéphane Beaujean -2013/2016.


En 2013, avec Kaboom, était -enfin- née la revue critique que méritait la bande dessinée. La même exigence éditoriale aura traversé l'ensemble des dix-sept numéros dont le rédacteur en chef fut Stéphane Beaujean. Aujourd'hui, ce dernier quitte cette aventure en nous offrant un dernier beau numéro, doublé d'un émouvant et pertinent édito, dont nous partageons les convictions. Qu'il en soit ici remercié.

Kaboom n°17, édito de Stéphane Beaujean:

"Après quatre ans d'aventure, c'est mon dernier Kaboom en  tant que rédacteur en chef. Je quitte le navire en ayant beaucoup appris et avec la satisfaction d'avoir participé à concrétiser la revue critique dont je rêvais : des entretiens fleuves, un panorama complet de la création, un style très simple et intelligible, et des débats d'idées. Beaucoup de débats d'idées, notamment sur le dessin, qui reste à mon goût un sujet bien trop peu évoqué dans la critique de bande dessinée. Je remercie tous les journalistes et les auteurs qui nous ont soutenus, la rédaction qui a porté le chantier. J'espère que Kaboom a permis et permettra encore longtemps de rappeler que la bande dessinée mérite qu'on s'y arrête pour réfléchir, et y réfléchir fort. Depuis l'enfance, je traîne le sentiment qu'il y a là un monde à découvrir, et même un monde à habiter. Je quitte Kaboom plus que jamais convaincu par cette idée."

Chroniques de numéros antérieurs de Kaboom:
kaboom n°4
kaboom n°5
Kaboom n°8
kaboom n°11