jeudi 19 janvier 2017

Hilda et la forêt de pierres – Luke Pearson –éditions Casterman – 2017.

Hilda et la forêt de pierres – Luke Pearson –éditions Casterman – 2017.


On n'en finit plus de chanter les louanges de la série Hilda, tout d’abord publiée par les éditions anglaises Nobrow, désormais au catalogue Casterman. De Hilda et le géant de minuit, en passant par Hilda et La parade des oiseaux ou Hilda et le chien noir, Luke Pearson a démontré qu’il tenait dans cette création sans doute la série jeunesse actuelle la plus enthousiasmante. La cohérence –et l’aspect inédit- de l’univers de son personnage était présent dès le premier opus. Mêlant bestiaire fabuleux, paysages qui parviennent à enchanter notre propre quotidien et vrai sens de l’aventure, Hilda subjugue par la beauté de ses compositions, mais aussi par la profondeur sous-jacente au récit. Des personnages apparaissent progressivement depuis l’origine de série, et semblent acquérir leur vie propre, s’enrichir mutuellement. On est sans cesse émerveillé de retrouver une connaissance issue d’un livre précédent. Le monde d’Hilda est plein de vie, de sentiment, de poésie. Quant à ce Hilda et la forêt de pierres, il permet d’approfondir les liens entre l’héroïne et sa maman, de l’inclure à son monde merveilleux. Par son sens du détail, et son acceptation des silences qui se dessinent entre les personnages, Luke Pearson parvient une nouvelle fois à nous émerveiller et à nous inventer le désir d’attendre impatiemment la continuation de cette magnifique fresque. 


lundi 16 janvier 2017

Programme alléchant à la Manufacture des idées (71)

La sixième Manufacture d’idées aura lieu à Hurigny (71)  du 24 au 28 Mai 2017.
Cette édition portera sur le thème des traces.
Plusieurs invités sont déjà annoncés sur le site de La Manufacture d'Idées:

Michelle Zancarini-Fournel,
Emanuele Coccia,

Arno Gisinger,
Georges Didi-Huberman,
Marylène Patou-Mathis,
Nastassja Martin...

...de nombreux autres invités sont à venir.

On peut trouver tous les détails sur les auteurs invités ici.

Et surtout, on peut adhérer à l'association  ou la soutenir ici.

Un beau festival qui fait sens.

jeudi 12 janvier 2017

Ayers - Part Company - 2017



                                     "SEASONS" out 03.03.2017

                                           www.part-company.com

lundi 9 janvier 2017

Scalp – La funèbre chevauchée de John Glanton et de ses compagnons de carnage – Hugues Micol -éditions Futuropolis – 2017

ScalpLa funèbre chevauchée de John Glanton et de ses compagnons de carnage – Hugues Micol -éditions Futuropolis – 2017 


On suit le travail de Hugues Micol depuis 3 publié aux éditions Cornélius en 2001. S’en suivit nombre de livres importants faisant à chaque fois preuve d’une inventivité et d’une rage d’évoluer constante. On peut citer Séquelles, Le chien dans la vallée de Chambara, Prestige de l’uniforme ou Terre de feu. Dans ce dernier titre réalisé avec David B., était mise en scène une horde d’individus, chasseurs d’indiens, vivant principalement la nuit, s’étant surnommée les Somnambules. Par l’évocation de ces êtres fantomatiques, mercenaires violents et sans règles, David. B., comme à son habitude inventait des êtres au fort potentiel romanesque.

Avec Scalp, Hugues Micol semble prolonger ce travail, mais cette fois-ci en occultant la fiction afin de nous compter la biographie de John Glanton (1819-1851) Texas Ranger durant la guerre civile mexicaine devenu mercenaire chasseur d’indiens payé pour chaque scalp rapporté.

Refusant la construction scénaristique classique, Hugues Micol semble travailler son livre comme un chant, un long poème divisé en parties, mais semblant se dérouler sans interruption. Les hommes vieillissent mais semblent emporter inexorablement par la folie qui les anime. L’auteur y oublie le cadre rassurant des cases afin d’inventer des dessins qui se fondent les uns dans les autres, qui se corrompent l’un après l’autre. Le récit et le trait qui l’anime s’y écoulent avec une admirable fluidité.

Chaque planche proposée par Hugues Micol parvient à mêler beauté et sauvagerie. Le propos et la forme semblent s’allier pour nous rendre supportable l’inacceptable, tout en parvenant à nous en offrir une image qui par sa splendeur formelle nous hantera longtemps après lecture. C’est en trouvant le parfait équilibre dans cette dichotomie que l’auteur nous offre à travers cette terrible errance une œuvre d’une rare puissance.